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IMAGES et SONS

 
 
 

Lundi 10 septembre 2007 1 10 09 2007 08:48

Communiqué de Attac Pau :

 

Bonjour

 

ATTAC 64 PAU confirme son invitation à tousles habitants de Pau, de l' Agglo, du Bearn et même plus loin, la Guinguette du mouvement social ( ? ) :

 

Place des Fontaines du Tribunal, à PAU, le Jeudi 27 Septembre 2oo7 dès 18 heure

 

Pour des retrouvailles amicales, des échanges de projets ( Dans le style : " Ben, mon projet ne me plait pas, je l'échange ... Qui n'en veut ? " ... :) ...), de souvenirs ( ? ), pour " tchacher " sans contrainte de temps, pour partager ( ? ... Comme au métinge pour José Bové à Pau par exemple ? ) des victuailles saines et locales et pour rencontrer ceux et celles qui ne nous connaitraient pas ... Et pour DANSER, TOURNER, CHANTER peut etre ...


 

Excusez notre ton un peu moqueur, mais voici pourquoi

Un article de NIKONOF :


C’est long et édifiant.

Suivaient  quelques commentaires de Bellaciao. Bien sur cela n’avait tenu qu’un jour puis avait été censuré.

 

 

Suite à la demande de certains administrateurs venant d’attac, d’accord pour la publication, malgré des réticences qu’on comprendra.

A prendre des pincettes, en se bouchant les narines !

 

Le sens des responsabilités, par Jacques Nikonoff 8 commentaire(s). Par Jacques Nikonoff Le 29 novembre 2006.

Les opérations de vote pour l’élection au Conseil d’administration d’Attac se terminent. Des adhérents, dont l’opinion était déjà formée, ont voté. D’autres, qui s’interrogent encore, attendent le dernier moment pour se prononcer. C’est à eux que je souhaite m’adresser aujourd’hui, du moins à ceux qui sont « « branchés » » sur Internet.

Ces derniers mois, particulièrement depuis le soir du 29 mai 2005, date de la victoire du « « non » » au référendum sur le Traité constitutionnel européen (TCE), les tensions internes à Attac n’ont fait que croître au point de déboucher sur une crise qui menace l’existence même de notre association. Pourtant Attac venait de participer à une extraordinaire aventure qui s’était traduite par le net rejet des politiques néolibérales incarnées par le TCE. Son bilan était excellent. Nos adversaires eux-mêmes reconnaissaient le rôle décisif joué par Attac. Ces tensions ont ensuite été exacerbée par la fraude électorale du 17 juin 2006.

Nombreux sont ceux, parmi les adhérents ou à l’extérieur de l’association, qui ne comprennent pas les causes de cette crise ni ses enjeux, et qui les expliquent cette situation par des « « logiques claniques » », l’attrait du « « pouvoir » » ou des « « conflits de personnes » ». Cette crise, en effet, a pris la forme apparente d’une lutte de pouvoir entre « « clans » » ou « « personnes » », sans que les enjeux politiques ne se distinguent clairement. D’autant que ses manifestations publiques semblent corroborer ces impressions puisqu’elles se réduisent à des critiques virulentes contre l’ancienne direction de l’association, portées par certains membres fondateurs et du Conseil scientifique. Ainsi l’ancienne direction de l’association, que je présidais, a reçu les pires injures, les calomnies, les accusations de toutes sortes, venant de l’intérieur d’Attac mais aussi d’une certaine presse alimentée par des membres fondateurs et du Conseil scientifique. Le « « noyau directionnel » » (Bernard Cassen, Michèle Dessenne et moi-même), comme certains l’avait appelé, a été traîné dans la boue. On a donné de moi, avec l’aide d’une certaine presse, l’image d’un personnage autoritaire et illégitime. Ces bassesses avaient d’ailleurs conduit les adhérents présents à l’Assemblée générale de La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie, 10 et 11 décembre 2005), à adopter un vœu, à 91 %, dénonçant le « « portrait » » qui avait été fait de moi dans Le Monde.

J’ai tenté, avec d’autres membres de l’ancienne direction que j’avais l’honneur de présider, tout en étant minoritaire au Collège des fondateurs et au Conseil d’administration, de maintenir contre vents et marées l’esprit de responsabilité nécessaire à la protection de l’indépendance, de l’image et de la cohésion de l’association. C’est la raison pour laquelle nous avons tout fait pour éviter de jeter de l’huile sur le feu. Nous n’avons pas répondu aux provocations quotidiennes qui alimentaient les listes électroniques de l’association et qui auraient nécessité des mises au point ou rectificatifs incessants, qui eux-mêmes auraient suscité auxquelles il aurait fallu répondre à nouveau. La lassitude d’un grand nombre d’adhérents aurait été pire que ce qu’elle est aujourd’hui. La tout au détriment de l’activité d’Attac. Nous avons choisi l’action.


Néanmoins, dans cet effort quotidien et douloureux de responsabilité, nous nous sommes lourdement trompés. Par crainte de décevoir et même de désespérer les adhérents, nous n’avons pas eu la volonté de passer outre le veto mis par la majorité des fondateurs sur les informations nécessaires aux adhérents pour leur permettre de comprendre la crise d’Attac et ses enjeux afin qu’ils interviennent pour la résoudre. D’autant que minoritaires au sein du Collège des fondateurs et du Conseil d’administration, nous n’avions pas les moyens de faire adopter les mesures et les textes qui auraient permis de clarifier la situation.

Il faut le répéter, car c’est le problème principal : nous n’avons pas osé mettre sur la table les questions politiques qui expliquaient ces tensions. Nous nous sommes laissés tirer vers le bas, dans le marais des querelles de second ordre.

Lorsque la fraude électorale a été prouvée, le 28 septembre 2006, les élus qui avaient obtenu la majorité ont démissionné du Conseil d’administration. Ils voulaient, par ce geste, dénoncer la fraude et contribuer à apaiser les esprits. J’ai donc moi-même démissionné de la présidence d’Attac et du CA, et annoncé que je ne serai pas candidat aux élections suivantes. Puisque mon « « style de direction » » avait été mis en cause, je voulais, par ma décision, lever tous les obstacles au rétablissement de la sérénité. « « Ils » » voulaient ma tête, je la leur donnais ! je constate que non seulement mon retrait n’a pas apaisé les tensions, mais que celles-ci n’ont fait que redoubler. Pourtant les opposants à l’ancienne direction assuraient qu’étant la cause de tous les problèmes, mon départ permettrait la décélération de ces tensions. Apparemment ma tête ne suffisait pas, il fallait celle de tous ceux qui voulaient une Attac forte et indépendante.

C’est la raison pour laquelle je sorts aujourd’hui du devoir de réserve que je m’étais imposé. Ayant fait preuve d’une infinie patience, « « encaissé » » tous les coups sans y répondre afin de préserver ce qui restait de la cohésion de l’association, le moment est venu de parler. Et d’agir. Je veux donc exposer ici ce qui me parait être l’essentiel : pourquoi certaines forces, au sein même du Collège des fondateurs et dans d’autres composantes de l’association (comme le Conseil scientifique, Attac-Campus et certains Comités locaux), veulent faire d’Attac une structure « « molle » » et « « tuer » » politiquement ses dirigeants. Tel est le fond politique de la crise d’Attac.

Je veux aussi m’interroger sur les raisons qui ont fait que la fraude électorale a profité aux opposants à l’ancienne direction ; montrer pourquoi, afin de commettre ce meurtre prémédité, la complicité des médias a été recherchée et obtenue ; expliquer pourquoi la fraude a été utilisée par l’opposition à l’ancienne direction pour prendre le contrôle total d’Attac ; dénoncer la dernière « « opération » » en cours qui consiste à dénigrer les candidats au CA signataires du texte « « Avenir d’Attac, pour une Attac de deuxième génération » ».

Des faits seront établis et les protagonistes identifiés.

I.- IL FALLAIT UNE ATTAC « MOLLE » ET ÉLIMINER SES DIRIGEANTS INDÉPENDANTS

Le rôle unanimement reconnu d’Attac dans le succès du 29 mai 2005 signa paradoxalement son arrêt de mort. Pour certaines forces externes ou internes à Attac, membres du Collège des fondateurs ou du Conseil scientifique, l’association ne présentait d’intérêt qu’à la condition d’être une structure « « molle » ». Or pendant la campagne référendaire, Attac venait d’administrer la preuve du contraire : l’association avait témoigné de toute sa puissance, malgré l’inertie de la plupart des fondateurs et des animateurs du Conseil scientifique. C’est cette réalité nouvelle qui a accéléré la volonté chez certains de prendre le contrôle d’Attac et de dénigrer ses dirigeants indépendants qui étaient apparus pendant la campagne, y compris sur le plan médiatique, terrain que certains voulaient accaparer. L’association, en effet, avait fonctionné à plein régime, de manière totalement indépendante des fondateurs et du Conseil scien tifique, et l’avait fait sous sa propre bannière. C’en était trop ! Il fallait paralyser l’énorme potentiel qui venait de se révéler.

Ces forces et leurs représentants, favorables à une Attac « « molle » » et à la « « démolition » » de tout dirigeant de l’association qui ne serait pas issu de leurs rangs, doivent être nommés, leurs mobiles dévoilés et leurs manœuvres mises au jour.

A.- Les « « incendiaires » » venaient du Collège des fondateurs et du Conseil scientifique

L’effort de vérité auquel je me livre aujourd’hui impose de tout mettre sur la table, et même le dessous des cartes. Des noms seront donnés, des connexions dévoilées, des ambitions identifiées. Nul ne doit y voir la moindre volonté d’attaque personnelle. Pour comprendre la crise d’Attac, il faut connaître ses acteurs et leurs origines.

Le principal artisan de la dévastation d’Attac a été Pierre Khalfa. Représentant de l’Union syndicale solidaires au Collège des fondateurs, il n’a pas agit en son nom personnel mais sur un mandat du secrétariat national de son organisation qui l’avait placé à mi-temps à la disposition d’Attac. A titre personnel, Pierre Khalfa, ancien membre de la LCR, reste très impliqué dans les opérations de recomposition politique à la gauche de la gauche, ce qui, au demeurant, est parfaitement son droit.. Il était encore récemment dans le petit groupe qui conseillait José Bové dans sa campagne présidentielle. Pierre Khalfa a fonctionné, durant toute cette période, comme l’initiateur et le moteur du harcèlement anti-direction, à partir d’un premier et d’un second cercle.

1.- Un premier cercle de fondateurs lance l’offensive contre l’ancienne direction d’Attac

Ce premier cercle, toujours en fonctionnement, constitue l’état-major. Il est composé, sans ordre préférentiel, des représentants des organisations suivantes : les représentants actuels de la FSU (Gérard Aschieri, secrétaire général, ancien membre du PCF ; Sophie Zafari, membre de la LCR, représentant le SNUIPP, tendance « « école émancipée » » ; Marc Delepouve, ancien membre des Verts, représentant le SNESUP, tendance « « Unité action » ») ; les représentants de la fédération des Finances CGT (Christophe Delecourt, secrétaire général, membre de la LCR, tendance « « Piquet » » ; Christian Pierre, ancien de l’OCI) ; le représentant du CRID (Gus Massiah, ancien du PSU et militant maoïste, très actif dans les opération de recomposition politique) ; le représentant d’AITEC (Julien Lusson) ; la représentante du DAL (Annie Pourre) ; les représentants de l’UGICT-CGT (Jean-François Bolzinger, secrétaire général, et Christian Pilichowski, tous deux membres du Conseil national du PCF, tendance « « Boccara » »).

Il serait trop long, ici, d’entrer dans les arcanes des tendances et sensibilités de la FSU, de la CGT, de l’Union syndicale solidaires, de la LCR ou du PCF. Elles expliquent cependant, pour une part non négligeable, les comportements des représentants de ces organisations fondatrices. Les lecteurs intéressés pourront trouver des informations sur Internet.

On peut ajouter à ce premier cercle quelques fondateurs à titre personnel : Jacques Cossart (ancien membre du PCF et secrétaire général du Conseil scientifique) ; Susan George (ancienne candidate sur une liste des Verts) ; Pierre Tartakowsky (membre de l’UGICT-CGT et ancien du PCF). Sont venus ensuite s’ajouter, après les élections de juin 2006, certains des élus de la liste soutenue par Susan George : Jean-Marie Harribey (ancien membre du PSU, adhérent à Sud-éducation) et Geneviève Azam (très impliquée dans les opérations de recomposition politique à Toulouse).

Ce premier cercle a toujours travaillé en étroite liaison avec la direction du Conseil scientifique composée, en plus de Jean-Marie Harribey et de Geneviève Azam (vice-présidente), de son président, Dominique Plihon (ancien membre du PSU), ainsi que de Gérard Gourguechon (Union syndicale solidaires et ancien du PSU), et de Bernard Kervella.

Quelques éléments d’Attac-Campus ont été intégrés plus tard : Maxime Combes, jusqu’au moment où il a quitté Attac à la suite d’un trafic de cartes d’adhésions, Aurélie Trouvé et Raphael Pradeau. Ce premier cercle a été la cheville ouvrière des offensives répétées - un véritable harcèlement sur tout et n’importe quoi - contre l’ancienne direction d’Attac ces dernières années. Il a constamment été épaulé par un deuxième cercle, moins actif, qui se contentait de voter en faveur des décisions proposées par Pierre Khalfa aux réunions du Collège des fondateurs et du Conseil d’administration.

Compte tenu des relations « « historiques » » qui la lie à Attac, le cas de la Confédération Paysanne mérite d’être évoqué. Alors que beaucoup de Comités locaux ont souvent travaillé étroitement avec ses militant de terrain, la tension est montée entre les directions nationales des deux structures à la suite du Larzac en 2003. François Dufour, alors représentant du syndicat agricole et vice-président d’Attac, a considéré en effet, et à tort, que la tribune que j’avais publiée dans Libération à la suite du démontage du stand du PS pendant le rassemblement visait la stratégie de désobéissance civique menée par la Confédération paysanne. A partir de là, il s’est engagé dans une politique de la chaise vide et, pendant plusieurs mois, n’a plus siégé ni au CA ni au bureau de l’association, brisant ainsi le lien qu’il assurait seul entre les deux organisations. Cette absence de dialogue nourrira toutes les p aranoïas, et notamment celle qui prêterait à Attac des positions ambiguës sur la question des OGM. Si le travail de la Commission OGM d’Attac contredit totalement ces accusations, il n’en reste pas moins qu’Attac sera suspectée de ne soutenir que « « du bout des lèvres » » les faucheurs volontaires, ce que démentent également les nombreuses dépenses effectuées pour aider les inculpés dans les différents procès. Encore une fois, tous les prétextes étaient bons pour discréditer le « « noyau directionnel » ».

2.- Un deuxième cercle qui assurait à Pierre Khalfa une majorité au Collège des fondateurs et au CA

Le deuxième cercle est composé des représentants de AC Chômage (Gérard Régnier) ; Alternatives économiques (Philippe Frémeaux) ; Artisans du monde (Anne-Françoise Taisne) ; la CADAC (Maya Surduts, membre de la LCR) ; le CEDETIM (Bernard Dréano) ; la Confédération générale des SCOP (Gérald Ryser, membre de la LCR) ; la Confédération paysanne (François Dufour, puis Gérard Durand, puis Jean-Emile Sanchez) ; Politique, la revue (Pierre Cours-Salies, ancien de la LCR et engagé dans les opérations de recomposition politique autour du PCF) ; le SNUI (Laurent Gathier) ; Sud-PTT (Régis Blanchot, membre de la LCR) ; Survie (Jean-François Scheer) ; le Syndicat de la magistrature (Eric Alt) ; Témoignage chrétien (Yvan du Roy).

3.- Le rôle particulièrement néfaste joué par les représentants des organisations syndicales

Sur les 27 représentants d’organisations fondatrices ou de fondateurs à titre personnel qui viennent d’être cités, il est à signaler que 15 ne sont pas adhérents à Attac. On comprend, dans ces conditions - mais ce n’est qu’un élément - qu’il soit difficile pour des personnes qui dirigent une organisation dont ils ne sont pas membres, d’avoir de grandes ambitions pour cette organisation. Surtout lorsque certaines affirment avoir des désaccords politiques pour justifier leur refus de devenir adhérent à titre individuel. Par ailleurs, sur ces 27 personnes, 9 ont été membres de la LCR et d’autres mouvements trotskystes ou le sont encore ; 4 ont été ou sont toujours membres du PCF.

Il ne s’agit pas, en donnant ces détails, de porter un jugement sur ces appartenances ou affiliations politiques qui relèvent de la liberté individuelle et qui ne sont pas contraires aux statuts d’Attac. Il s’agit de montrer que les personnes qui représentent les organisations fondatrices d’Attac, en plus de porter la stratégie de leur organisation au sein d’Attac - ce qui est conforme à la logique du Collège des fondateurs et n’a rien d’anormal -, sont également impliquées dans des activités politiques, encore une fois parfaitement légitimes. D’autant que ces personnes ne se sont pas gênées pour mettre sur la place publique, avec une virulence anticommuniste et anti-républicaine d’un autre âge, les sensibilités politiques réelles ou supposées des anciens responsables d’Attac. Cette situation les conduit naturellement, quand ils ont des décisions à prendre au sein d’Attac, à vérifier préalablement, et à juste titre, si ces décisions seront compatibles ave c les intérêts qu’ils se font de l’organisation qu’ils représentent à Attac, et à les jauger à l’aune des activités politiques auxquels ils sont mêlés, ce qui est plus problématique.

A ce propos, la mention de l’appartenance actuelle ou passée au PSU, à la LCR ou au PCF a pour but de montrer que beaucoup de ces protagonistes se connaissaient déjà avant d’entrer à Attac. Si le PSU n’existe plus, j’ai toujours entretenu de bonnes relations avec Olivier Besancenot et Marie-George Buffet, notamment à l’occasion des très nombreux meetings auxquels nous avons participé ensemble pendant la campagne référendaire. J’ajoute, pour ceux que cette transparence pourrait choquer, que Susan George, dans sa fameuse « « lettre aux adhérents » » du 16 mai 2005, où elle présentait sa « « liste » » de candidats, juste avant les élections au CA du 17 juin, avait indiqué que « « Quelqu’un doit prendre la responsabilité de dire qui est qui... » » Elle avait simplement « « oublié » » d’aller jusqu’au bout de sa démarche, ce qui est fait aujourd’hui.

Je veux particulièrement insister sur le rôle néfaste d’une majorité des représentants des organisations fondatrices, et non sur les organisations elles-mêmes. Attac a besoin de travailler la main dans la main avec toutes ses organisations fondatrices. Ce sont leurs représentants actuels qui l’ont empêché. Nombreux, d’ailleurs, sont les adhérents des différents syndicats, pour ne prendre que cet exemple (Union syndicale solidaires, UGICT-CGT, FSU, fédération CGT des finances, Confédération paysanne), qui ont été scandalisés par le comportement de leurs dirigeants vis-à-vis d’Attac. Ces représentants, pour la plupart, comme ils l’ont pratiqué au sein d’Attac, n’ont jamais tenu de débat démocratique dans leurs structures pour définir leur engagement à Attac. Ce ne sont que de tout petits groupes, à la tête de ces organisations, qui ont mené ces stratégies. Leur responsabilité est totale dans l’affaissement d’Attac. Tôt ou tard les adhérents de ces différentes or ganisations - pour celles qui ont des adhérents - sanctionneront ces comportements de division. Les responsables passent, les organisations demeurent...

D’ailleurs le Bureau confédéral de la CGT, dans un communiqué du 10 octobre 2006, a rappelé que la fédération CGT des Finances et l’UGICT-CGT ne représentaient qu’elles-mêmes au sein d’Attac et non la confédération dans son ensemble. C’était une façon, pour la CGT, de se démarquer de ses deux fédérations membres d’Attac...

L’alliance stratégique principale, je l’ai régulièrement souligné, est à nouer entre Attac et le mouvement syndical. Ce dernier, affaiblit par trente années de néolibéralisme, demeure néanmoins le plus important pôle de résistance à ces politiques. Il conserve des centaines de milliers d’adhérents et possède une capacité de mobilisation inégalée et inégalable. Face à la dilution des frontières de l’entreprise et du travail (chômage, CDD, intérim, temps partiel, sous-traitance...), le mouvement syndical ne parvient pas à redéfinir un intérêt collectif au salariat. D’autant qu’il faut désormais saisir le salariat d’un point de vue dynamique (l’entreprise dans le territoire) et non statique (l’entreprise en dehors du temps et de l’espace). C’est dans les recompositions territoriales du syndicalisme qu’un travail fructueux aurait pu être mené entre Attac et ses syndicats fondateurs. Les représentants des organisations syndicales fondatrices ont tenu un raisonnemen t misérable : il s’agissait pour eux de défendre des plates-bandes qu’Attac menaçait de piétiner.

On comprend ainsi beaucoup mieux pourquoi, aux yeux de la majorité de ces représentants d’organisations syndicales membres fondateurs, Attac devait rester une structurez « « molle » ».

B.- Attac devait jouer un rôle modeste sur le front antilibéral

L’association, pour rester sympathique et acceptable aux yeux d’une majorité des représentants des membres fondateurs, devait donc limiter son activité à la publication de quelques ouvrages chaque année ; jouer un simple rôle de boite à idée pour le « « mouvement social » » et ses organisations ; borner le développement des Comités locaux à l’organisation de conférences débats en direction des classes moyennes, à l’exclusion de toute autre implication qui pourrait en faire des forces locales indépendantes ; réduire les initiatives du Conseil d’administration à des campagnes déconnectées de toute prise sur la réalité politique nationale et européenne ; encadrer ces initiatives dans des collectifs au périmètre réduit et au fonctionnement démocratique douteux ; assigner au Conseil scientifique des travaux certes utiles et intéressants, mais à connotation théorique, abstraite ou descriptive, à l’exce ption de propositions opérationnelles valables ici et maintenant.

1.- Certains représentants des fondateurs voulaient conserver le monopole de la critique antilibérale

Mais il y a plus. Certains représentants des organisations fondatrices, membres par ailleurs de forces ou de réseaux politiques, engagés dans différentes opérations de recompositions en vue des prochaines échéances électorales politiques, voulaient conserver leur monopole sur le champ de la critique du néolibéralisme. Ces forces et ces réseaux, et leurs représentants, se positionnent sur les plans politique, organisationnel et électoral, à la gauche du Parti socialiste, visent à récupérer des morceaux de ce qui reste du Parti communiste, tentent de grignoter les positions de la CGT et de la FSU, parfois de l’intérieur même de ces organisations. Selon cette stratégie, il existerait un « « espace » » politique qui pèserait au moins 15 % des voix. Cette stratégie converge avec le souhait de certaines organisations de construire un « « pôle de radicalité » ».

Le raisonnement n’est pas faux. Les progrès du courant antilibéral, comme en témoignent la victoire du 29 mai 2005 et les mobilisations de 2003 sur les retraites et de 2006 contre le CPE, auxquels on peut ajouter, d’une certaine manière, le résultat des élections régionales, n’attendent qu’une véritable traduction politique et électorale. Dans cette stratégie, Attac fut le chien dans le jeu de quilles.

Alors que beaucoup les sépare, qu’elles sont elles-mêmes en concurrence pour exercer l’hégémonie sur le courant antilibéral (syndical, politique, idéologique...), ces forces ont su faire taire leurs divergences et leur concurrence pour empêcher que de « « nouveaux entrants » » ne viennent réduire leur part sur le « « marché » » en expansion de la critique antilibérale. L’émergence d’une association puissante et de dirigeants qui en seraient issus, indépendants de ces forces et réseaux, tirant leur légitimité des adhérents de cette association dynamique aux milliers d’adhérents, ne pouvait être admise. La campagne sur le « « style de direction » » du « « noyau directionnel » » d’Attac (Bernard Cassen, Michèle Dessenne et moi-même) pouvait donc commencer, comme les attaques personnelles qui se sont multip liées...

2.- Les adhérents ne devaient pas être souverains

Pour éviter qu’Attac ne devienne un acteur trop présent sur le front antilibéral, il fallait réduire la souveraineté de ses adhérents et assurer son contrôle par les fondateurs. La « « crise » » d’Attac porte donc sur le point de savoir si les adhérents doivent être ou non souverains dans une association indépendante. A qui appartient Attac et pour quoi faire ? A cette question deux réponses différentes sont aujourd’hui données. La première, défendue par la majorité des représentants des organisations fondatrices, vise de fait à transformer Attac en une sorte de Forum social permanent. Elle aboutirait à la réduction des ambitions de l’association, à la cartellisation de sa direction et finalement à sa dilution. Attac deviendrait une sorte de label, une marque, une vitrine, une coquille. La seconde conception, soutenue par l’ancienne direction, considère qu’Attac est devenue une organisation à part entière dont les m ilitants organisés dans les Comités locaux peuvent témoigner. Elle doit être indépendante, fidèle à ses origines, ses adhérents exerçant pleinement leur souveraineté tout en s’articulant aux organisations fondatrices.

Ces deux conceptions de l’avenir d’Attac sont aussi légitimes l’une que l’autre. Elles relèvent d’un choix et d’un débat d’opinion - qui a été empêché - qui ne doit pas être transformé en délit d’opinion ou en procès d’intention. Il n’existe aucune vérité en la matière, mais uniquement des opinions.

Il me semble que c’est au sein des Forums sociaux que peut s’établir sur la base la plus large la « « convergence » » des forces altermondialistes. Si nous transformions Attac en Forum social concurrent des autres, non seulement nous diviserions le mouvement altermondialiste, mais on nous accuserait, à juste titre, de prétentions hégémoniques. La transformation d’Attac en nouveau Forum social rendrait l’association parfaitement inutile...

Une telle évolution remettrait en cause la vocation d’éduction populaire de l’association. La « « cible » » principale d’Attac deviendrait le « « mouvement social » » et les organisations qui le composent, et non les citoyens auprès desquels développer notre activité d’éducation populaire. La divergence est donc profonde entre ces deux visions d’Attac. Elle explique par exemple les débats portant sur l’implication de l’association dans les collectifs, qui ont pu paraître parfois obscurs à certains adhérents. L’ancienne direction a toujours eu pour doctrine de faire marcher Attac « « sur ses deux pieds » » : être présents dans les collectifs et même en créer ; être actifs et visibles parallèlement en tant qu’Attac. Mais pas l’un sans l’autre.

Concevoir Attac comme un simple lieu de « « convergence de mouvements sociaux » » revient à confier la direction de l’association, directement ou par personne interposée, à un cartel d’organisations. Cette expression n’a rien de péjoratif : un cartel est une entente visant à limiter ou à supprimer la concurrence. Si ce projet voyait le jour, l’association serait mise sous tutelle de certains de ses membres fondateurs et son indépendance remise en cause. Les relations entre Attac et ses organisations fondatrices doivent tout au contraire se baser sur la confiance mutuelle et l’égalité. Reconnaître cette réalité ne vise nullement à opposer les adhérents aux fondateurs ou à « « attaquer » » ces derniers.

Avec l’organisation d’Attac en cartel d’organisations, la stratégie de l’association serait déterminée en fonction de considérations qui lui seraient extérieures. Certaines des organisations fondatrices fixeraient leurs positions au sein d’Attac non pour le développement de l’association, mais à partir de leurs propres choix stratégiques. Les adhérents d’Attac ne deviendraient qu’une simple masse de manœuvre. La conception d’Attac comme étant un lieu de « « convergence » » entre organisations est incompatible avec la souveraineté des adhérents et l’indépendance de l’association. Ce sont en effet les organisations qui composent le cartel qui dirigeraient, ce ne seraient pas les adhérents. On comprend mieux, dès lors, pourquoi certains, parfaitement cohérents avec leur vision d’Attac, n’ont jamais voulu renforcer l’association en nombre d’adhérents ni en capacité d’organisation.

Une direction « « molle » » serait donc installée, dépendante des organisations membres du cartel, incapable de leur faire contrepoids, aboutissant à la mise en place d’une Attac invertébrée. La volonté de certains de mettre en place une « « coprésidence » » sert cet objectif. Dans une structure aussi complexe qu’Attac, l’indépendance de l’association passe nécessairement par une direction représentative des adhérents, incompatible avec la notion de coprésidence telle qu’elle est conçue par certains membres fondateurs. Là se trouvent les raisons des multiples attaques contre la direction de l’association qui a été jusqu’à présent le rempart défendant son indépendance. Les Comités locaux seraient eux aussi encouragés à devenir des cartels d’organisations. Comme l’engagement des organisations fondatrices est inégal sur le plan local, ceux des Comités locaux qui resteraient indépendan ts seraient ignorés du siège et s’enfonceraient dans l’isolement.

Attac n’aurait plus de projet puisqu’elle ne servirait qu’à gérer la « « convergence » » entre des organisations. Rappelons qu’un Forum social ne doit pas prendre de positions, ne doit pas s’exprimer ni disposer de porte-parole. Que deviendrait par ailleurs le réseau des Attac d’Europe qui a demandé tant d’efforts pour être organisé ?

Attac serait privée de son indépendance d’analyse. L’apport décisif d’Attac pendant la campagne référendaire, pour reprendre cet exemple emblématique, a reposé sur sa capacité d’analyse indépendante. En plaçant la question libérale au centre du débat sur le traité constitutionnel, nous avons aidé tout le mouvement en faveur du NON à se construire. La consultation des adhérents, fin 2004, sur le traité constitutionnel européen et l’engagement d’Attac dans la campagne référendaire administre la preuve que la souveraineté des adhérents, exprimée par leur vote après bien des réticences de nombreux fondateurs, avait été la condition de la mobilisation de l’association. Le recours à cette forme de démocratie participative et directe me semble devoir être systématisé. D’ailleurs si l’on observe la position des membres fondateurs à l’égard du projet de Constitution européenne, 4 étaient pour le OUI et 11 seulement s’étaient engagés en campagne pour le NON. La « &n bsp ;convergence » entre ces organisations, sur ce point particulier, avait atteint ses limites. Si Attac n’avait été qu’un simple « « lieu de convergence » », l’association aurait été paralysée, aucune campagne n’aurait été menée et, qui sait, le OUI aurait peut-être gagné.

Attac, au risque de se perdre, ne doit pas se limiter à devenir un simple cadre de rencontres et de « « convergence » » entre organisations. L’association doit être un lieu d’accueil, elle l’est déjà, mais elle doit aussi et surtout jouer un rôle autonome bien plus ambitieux. C’est ce que beaucoup de citoyens attendent de nous. C’est l’indépendance d’Attac, maintenue contre vents et marées jusqu’à présent, qui continuera de le permettre.

3.- Des conceptions différentes de la laïcité

Les tensions de ces dernières années ont été accrues par des divergences portant sur les conceptions de la laïcité. Elles n’ont pas opposé d’un côté, les représentants des organisations fondatrices composant les 1er et 2e cercle qui ont été évoqués précédemment, et de l’autre les membres de l’ancienne direction d’Attac. S’il est vrai que personne, parmi l’ancien « « noyau directionnel » », n’était favorable aux conceptions de la laïcité « « ouverte » », au port du voile à l’école, à l’alliance avec Tariq Ramadan, etc., des organisations fondatrices de l’opposition interne à Attac n’y étaient pas non plus favorables ou ont été discrètes sur le sujet, comme c’est le cas de la CADAC, de la fédération CGT des finances ou de l’UGICT-CGT. Différents évènements ont fait apparaître des approches contradictoires génératrices de tensions : l’affaire Tariq Ramadan, l’affaire des signes r eligieux à l’école, l’affaire des Indigènes de la République, et les émeutes dans certaines banlieues en novembre 2005.

L’affaire Tariq Ramadan, prédicateur islamiste invité au Forum social européen de Londres en 2003, a fait couler beaucoup d’encre. Elle a révélé, au-delà de ce cas, l’existence d’un courant « « communautariste de gauche » ». Pour ce dernier, le mouvement ouvrier aurait perdu définitivement la partie et le mouvement altermondialiste deviendrait la nouvelle force propulsive dans les luttes sociales et politiques à partir d’une alliance entre des couches moyennes radicalisées et une frange minime des « sans ». Or l’expérience a montré qu’aucune victoire importante n’était possible sans les classes populaires. Sans elles, nous avons perdu le mouvement sur les retraites et l’assurance-maladie ; avec elles, nous avons gagné contre le TCE et le Contrat premier emploi (CPE). Sans une alliance entre les couches moyennes, les classes populaires et les « sans », le mouvement altermondial iste s’essoufflera.

Au moment du débat sur la loi sur le port des signes religieux à l’école, au nom d’une laïcité dite « « ouverte » » ou « plurielle », une petite partie du mouvement altermondialiste s’est regroupée dans le collectif « « Une école pour toutes-tous » », favorable au port du voile, alors que d’autres y étaient fermement opposés.

L’appel lancé en 2005 « « Nous sommes les indigènes de la République ! » » fut signé par de nombreux dirigeants d’Attac ou membres du Conseil scientifique. Dans ce texte, toute l’idéologie néocommunautariste y passe : la haine de la République, la position victimaire, la francophobie, le racisme inversé. On n’y condamne pas « « la monarchie qui pratiqua la traite des Noirs, ni l’Empire qui rétablit la servitude, ni le capitalisme qui exacerbe les discriminations ethniques et sociales, qui ghettoïse les populations venues d’ailleurs, mais, obsessionnellement, l’ignoble République » ». Ce n’est pas la dictature des marchés, mais, encore et toujours la « « République qui relègue les populations de banlieue aux marges de la société » ».

Enfin, au moment de l’explosion autodestructrice d’une jeunesse « « hors circuit » », en novembre 2005, le mouvement spontané de sympathie de certains ne se tourne pas vers les victimes des violences : agents des services publics, habitants des quartiers. C’est tout le contraire. Chez certains membres fondateurs d’Attac s’opère un curieux renversement : ce sont les agresseurs eux-mêmes qui sont considérés d’emblée comme les victimes, rompant ainsi avec le civisme élémentaire. Les violences urbaines de novembre 2005 ont été assimilées à une nouvelle lutte des classes.

Dans l’association, le débat devant les militants sera interdit sur toutes ces questions par une majorité des fondateurs et ne sortira pas des instances directionnelles.

La crise d’Attac a donc été délibérément provoquée par les forces et réseaux, et leurs représentants, qui se disputent l’hégémonie intellectuelle et organisationnelle du courant antilibéral français, actuellement en plein développement sur le plan idéologique (mais dans un état catastrophique sur les plans politique, électoral et organisationnel), dans ses composantes politiques, syndicales et associatives. Quitte à tuer Attac et ses dirigeants indépendants.

Précisément, notre sens des responsabilités nous a conduit à ne pas qualifier politiquement cette offensive. Nous avons eu tort. Nous voulions maintenir l’unité de l’association et éviter d’y provoquer des clivages irréversibles qui auraient pu entraîner la « « guerre civile » ». Hélas, nous errons désormais entre la guerre civile et la Saint-Barthélemy.

C.- La construction de l’offensive contre l’ancienne direction d’Attac

On pourrait faire remonter l’offensive contre l’ancienne direction d’Attac à l’année 2002, avant même sa mise en place ! En effet, dès le second semestre de l’année 2002, dans le cadre de la préparation de l’élection au Conseil d’administration qui devait procéder au remplacement de Bernard Cassen à la présidence d’Attac, qui avait annoncé son départ, le groupe oppositionnel en partie déjà en place à l’époque, croyait son heure venue. Sa déception fut grande quand Bernard Cassen me proposa à la présidence, sans qu’aucun autre fondateur n’osât se porter candidat en concurrence. Contrairement à une rumeur insistante - déjà ! - l’élection fut parfaitement conforme aux statuts et Bernard Cassen n’imposa rien du tout. Les fondateurs votèrent unanimement. Nous avons pu observer que ces derniers étaient libres de leur vote, et qu’ils pouvaient donc, à l’époque, s’opposer à mon élection. Ils ne l’ont pas fait.

Mais déjà, à l’époque, la direction du Conseil scientifique était à la manœuvre en sortant de son rôle. Dans un texte daté du 18 juin 2002, signé par Suzanne de Brunhoff, Jacques Capdevielle, Pierre Concialdi, Thomas Coutrot, Gérard Gourguechon, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Bruno Jetin, Catherine Levy, Dominique Plihon, était dénoncée une « « dérive présidentialiste » » de la direction d’Attac. Le Monde et Libération, bien entendu, étaient prévenus par ces derniers et titraient sur la « « crise » » d’Attac. Nous étions en 2002...

Le groupe a attendu son heure. Celle-ci est arrivée à l’occasion de plusieurs évènements qui ont tous contribué à figer les camps : le Larzac en 2003 ; l’affaire des « « 100 % Alter » » en 2004 ; le « « style de direction » » en 2005 et la fraude en 2006.

1.- L’affaire du Larzac

L’affaire du Larzac fait partie des deux ou trois sujets qui tournent en boucle et qui ont été utilisés comme une rente par ceux qui ont juré de prendre le contrôle d’Attac. Quel était le problème ? Après l’immense rassemblement du Larzac (300 000 personnes réunies en août 2003), auquel Attac avait activement participé, la droite et une partie du Parti socialiste ont tenté de « « marquer » » le mouvement altermondialiste et Attac en particulier à l’extrême gauche. D’autant qu’une poignée de militants de AC et du DAL notamment avait démonté le stand du PS qui se trouvait sur place (alors que le PS avait été invité par les organisateurs, dont AC ! et le DAL !). Cette initiative avait été condamnée par les organisateurs, dont la Confédération paysanne, Attac, etc.

L’article que j’ai publié le 18 août 2003 dans Libération s’intitulait « « Après le Larzac, de nouveaux défis... » ». Il tentait d’analyser la situation en identifiant quatre défis pour le mouvement altermondialiste et Attac : clarifier notre identité ; mieux définir les alternatives au néolibéralisme (déjà !) ; construire les alliances victorieuses ; améliorer la démocratie interne au mouvement altermondialiste.

Cet article a mis en fureur certains des représentants d’organisations fondatrices d’Attac membres des 1er et 2e cercle, car il appelait à l’indépendance de l’association et du mouvement altermondialiste en général, notamment vis-à-vis du gauchisme.

Mais, en préalable, que veut dire « « gauchisme » » ? C’est une conception politique et une pratique qui privilégie le mouvement pour le mouvement ; l’agitation pour l’agitation ; le refus de la lutte d’idée au bénéfice d’un activisme dénué de sens ; le slogan érigé en stratégie politique ; les excès en tous genres ; la manipulation des « « masses » » par de petits groupes bien organisés ; le court terme ou détriment du long terme ; le sectarisme ; etc. Un psychanalyste a résumé ce comportement par la formule suivante : « « certains confondent les mouvements de leurs corps et le mouvement des masses » ». Finalement le gauchisme c’est l’isolement, la division et l’échec. C’est le contraire de l’éducation populaire, même tournée vers l’action. Il ne faut pas confondre, cependant, extrême gauche et gauchisme. On peut être d’extrême gauche sans pour autant être gauchiste. D’ailleurs des organisations d’extrême gauche combattent le gauchisme. Celui-ci ne peut non plus se réduire à l’appartenance à une organisation. La forme la plus répandue de gauchisme est celle du « « gauchisme culturel » » qui frappe des personnes ou des catégories sociales ayant peu de traditions de luttes et dont la participation à des mobilisations s’apparente à une révolte plutôt qu’à un engagement construit s’inscrivant dans la durée.

La question posée dans mon article de Libération était donc éminemment politique : Attac et la mouvance altermondialiste devaient-elles ou non se revendiquer des conceptions et des comportements du gauchisme ? Ma réponse était clairement non : Attac ne peut se réclamer d’aucun courant politique. La vocation d’Attac incite à l’inverse : rassembler largement, au-delà des sensibilités politiques. On peut donc être gauchiste tout en étant membre d’Attac, mais si la culture gauchiste (comme toute autre, d’ailleurs), devenait prédominante au sein de l’association, elle ferait fuir nombre d’adhérents qui ne se reconnaissent pas dans cette sensibilité. Ceux qui ont guerroyé contre cet article (non sur le fond mais sur la méthode et les procédures, comme d’habitude), n’étaient donc pas gênés du risque d’un positionnement gauchiste d’Attac et du mouvement altermondialiste. Non seulement ils n’en étaient pas gênés, mais ils le souhaitaient.

Deux conceptions d’Attac - pas trois - ont alors émergé : l’une d’inspiration gauchiste et mouvementiste ; l’autre visant à maintenir l’indépendance de l’association et sa vocation d’organisation d’éducation populaire de masse.

2.- L’affaire des listes « 100 % Alter » montée de toute pièce pour déstabiliser la direction d’Attac

Rappelons les faits. Une dizaine d’adhérents d’Attac, dont un membre du Conseil d’administration (qui y avait suspendu, pour cette raison, sa participation), et un salarié, avec des personnes extérieures à l’association, avaient envisagé de présenter des listes aux élections européennes sur la base d’un programme altermondialiste qui s’inspirait de celui d’Attac. Ils voulaient donner une traduction politique aux idées altermondialiste. Bernard Cassen, à titre personnel, avait souhaité, pour reprendre son expression, leur « « donner un coup de main » ». C’était parfaitement leur droit, et leur décision personnelle n’impliquait absolument pas la direction de l’association. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une violente offensive contre la direction de l’association, accusée notamment par une majorité des représentants des fondateurs de vouloir engager Attac dans un processus électoral. Et même, à terme, de vouloir t ransformer Attac en parti politique, ou de préparer leur entrée sur la scène politique pour assouvir leur trop plein d’ambitions !

Ces accusations tournent également en boucle depuis deux ans, comme un vieux disque rayé, dans l’ « « argumentaire » » des opposants à l’ancienne direction. Le but était évidemment de discréditer cette dernière. Ni les mises au point répétées, ni le constat que chacun peut faire que la transformation d’Attac en parti politique n’avait pas eu le moindre début de réalité n’y ont fait : le travail de sape se poursuivait. D’autant qu’une partie des adhérents, de toute bonne foi, mais particulièrement malléables du fait de leur absence d’expérience politique et d’engagement collectif, était prédisposée à accueillir favorablement un tel discours malgré la grosseur de la ficelle.

Ces accusations fantasmagoriques (sauf à casser Attac en mille morceaux, il est impossible de transformer l’association en force politique) n’étaient que le prélude à une offensive bien plus vaste.

3.- La direction du Conseil scientifique veut se substituer au CA

Le fameux texte publié le dimanche 29 mai 2005, à 22 h 05, par cinq membres du Conseil scientifique (Dominique Plihon, président ; Geneviève Azam, vice-présidente ; Jacques Cossart, secrétaire général ; ainsi que Thomas Coutrot et Jean-Marie Harribey) résume les ambitions personnelles et politiques du noyau directionnel du Conseil scientifique. Ce texte, intitulé « « Le Printemps de France » », était diffusé sur toutes les listes électroniques d’Attac 5 minutes après la fermeture de tous les bureaux de vote le jour du référendum sur le TCE. Voici comment y est mentionné le rôle d’Attac : « « le rôle joué par les associations, notamment la Fondation Copernic, l’URFIG (Raoul-Marc Jennar) et Attac, grâce à l’Appel des 200 puis grâce à l’élaboration et à la diffusion d’argumentaires précis, fut essentiel » ».

Ce serait donc « « grâce à l’Appel des 200 » » qu’Attac, ensuite, et en troisième position seulement, aurait joué un rôle « « essentiel » »... Le texte de ces cinq membres du Conseil scientifique se veut par ailleurs prescriptif à l’égard des Comités locaux de l’association en leur disant quel rôle ils devaient jouer dans les collectifs unitaires. Tout cela aurait été parfaitement légitime si les 5 signataires ne s’étaient pas prévalus de leur qualité de membres du Conseil scientifique, et surtout s’ils avaient au moins attendu la déclaration officielle d’Attac, tombée quelques minutes plus tard. Le « « timing » » a son importance : il s’agissait, pour ces 5 membres du Conseil scientifique, vis-à-vis des adhérents et de l’extérieur, de « « griller » » la déclaration adoptée de manière collégiale lo rs d’une réunion extraordinaire du Bureau d’Attac ouverte à tous. On ne voit pas, au passage, en quoi 5 membres du CS, dont ceux de sa direction, et se revendiquant comme tels, avaient davantage de légitimité, un soir de référendum, pour faire une déclaration politique à 22 h 05, donc préparée plusieurs heures avant, que n’importe quel autre groupe de 5 adhérents.

Que n’aurait-on dit, et à juste titre, si 5 membres du CA, voire le président, avaient pris la même liberté vis-à-vis des instances élues ? Quelles étaient les raisons de cet empressement suspect ? De la promotion individuelle de quelques personnes un peu plus égales que d’autres au sein du CS, et visant à s’instaurer en maîtres (et maîtresse) à penser de l’association en contournant le Bureau et le CA ? D’un tremplin pour une ou plusieurs candidatures aux élections au CA (ou à la présidence) d’Attac ? Venant de professionnels de la critique de l’absence de « « démocratie » » au sein d’Attac, la démarche suivie était assez étonnante. Cette démarche n’avait qu’un but : propulser certains des animateurs du Conseil scientifique à la direction de l’association. Geneviève Azam, Jacques Cossart et Jean-Marie Harribey se lançaient ainsi à la conquête du pouvoir... L’offensive était lancée, source des te nsions qui devaient suivre.( La suite  dan

Par des Electrons Libres ... - Publié dans : olv64
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