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Vendredi 7 septembre 2007 5 07 /09 /2007 00:19

 

Une petite piqure de rappel à propos d'une certaine énergie fossile :

 Pic Oil     Poisoned chalice     Le parc YANUSI

 

 

Et suite de l ' Article

Infos du Monde ... de ATTAC 64



4.- Les 3 vice-présidents contre le président

Le 13 juillet 2005, la « « lettre aux adhérents » » des trois vice-présidents d’Attac de l’époque, (François Dufour de la Confédération paysanne, Susan George et Gus Massiah du CRID) lançait l’offensive en mettant gravement en cause le « « style de direction » » du « « noyau directionnel » » de l’association et particulièrement de son président. Ces anciens vice-présidents ne sont pas tous impliqués de manière identique dans les opérations politiques qui viennent d’être décrites. Leur geste, qui donne une date au début de la déliquescence d’Attac et un nom à ceux qui l’ont provoquée (bien que la lettre ait été largement rédigée par Pierre Khalfa et Jean-Marie Harribey), relevait pour certains d’une incroyable naïveté politique et d’une absence étonnante de sens des responsabilités. L’opération, si elle a eu un effet dévastateur sur Attac et s on image extérieure, n’a cependant pas donné tous les résultats qu’en attendaient ses promoteurs. Les adhérents, par leur vote, n’ont pas suivi leurs consignes.

En effet, lors de l’élection au Conseil d’administration, les 17 et 18 juin à l’Assemblée générale de Rennes, et même en enlevant les dizaines de bulletins fraudés repérés jusqu’ici, les candidats (32) qui avaient marqué leur opposition aux méthodes de Susan George en signant un texte de protestation, obtenaient la majorité absolue des voix (68 712) et 52 % si on additionne les voix obtenues par chaque candidat. Les candidats qui avaient été soutenus par Susan George n’obtenaient que 59 768 voix et 45 %. Par ailleurs, la liste bloquée des fondateurs, sans qu’aucune véritable campagne ne soit menée contre elle, ne recueillait que 3 823 voix (moins que moi !) et 64,3 %. Lors de la dernière élection, en 2002, elle avait obtenu 6 561 voix et 87,6 %. La perte était sévère : 2 768 voix et 23 % de moins. En outre, malgré le harcèlement et les campagnes de dénigrement dont j’avais été l’objet, j’arrivais en tête des 62 candidats...

Ces enjeux politiques et les tensions de ces derniers mois ne sont probablement pas étrangers à la fraude commise lors des élections au Conseil d’administration du 17 juin, et à l’utilisation qui en a été faite pour éliminer les partisans de l’ancienne direction afin de prendre le contrôle total et sans partage d’Attac.

II.- UNE FRAUDE ÉLECTORALE QUI TOMBE A PIC ET QUI PROFITE AUX OPPOSANTS A L’ANCIENNE DIRECTION

J’ai déjà, à plusieurs reprises, condamné cette fraude qui percute Attac de plein fouet dans son ambition de vouloir faire de la politique autrement. Attac est ainsi banalisée et ramenée au rang des organisations traditionnelles dont un certain nombre, associations, syndicats, partis politiques, ont été confrontés à ces dérives. Pour identifier les fraudeurs, un effort de raisonnement est nécessaire autour de la question classique suivante : à qui profite le « « crime » » ?

Les enjeux politiques que je viens de décrire pouvaient donner un mobile à la fraude certes au courant qui souhaite, comme moi, l’indépendance d’Attac, mais aussi à celui qui souhaite limiter les ambitions d’Attac (tout en prétendant le contraire). L’un et l’autre, objectivement, avaient un intérêt à la fraude pour s’assurer le contrôle de l’association. Sans parler, évidemment, de forces tierces.

La fraude, pour le peu que nous en savons à l’heure actuelle, semble avoir bénéficié, à première vue, aux candidats soutenant l’ancienne direction. Il est donc parfaitement logique que les regards se tournent vers ces derniers et leurs proches pour rechercher les coupables. Cependant, les conditions de la fraude et ses conséquences réelles sont tellement étranges qu’elles devraient susciter des interrogations allant au-delà des apparences.

Etrange, en effet, cette fraude, qui porte uniquement sur les membres actifs en épargnant les membres fondateurs. Car il était certainement plus rapide, plus facile et plus « « payant » » politiquement de substituer des bulletins de vote concernant les fondateurs, où il ne fallait cocher qu’une seule croix, que de substituer des bulletins des candidats actifs où il fallait cocher 24 croix.

Etrange, encore, cette fraude, qui semble avoir été organisée pour être repérée et mettre les enquêteurs, avec autant d’évidence, sur la piste de coupables parfaitement bien désignés. Ceux qui ont réalisé les dizaines de bulletins fraudés connus à ce jour n’ont en effet pas pris la peine de camoufler la forme des croix qu’ils avaient faites sur les bulletins, dont de nombreuses sont identiques, comme si elles étaient une sorte de signature. On ne peut s’empêcher de penser à l’histoire du Petit Poucet.

Etrange, enfin, cette fraude, où les victimes apparentes de la manipulation contrôlent aujourd’hui, et sans partage, l’ensemble de l’association. On nous dit que c’est la conséquence de la découverte de la fraude. Mais la fraude était tellement grossière qu’elle ne pouvait qu’être découverte ! Elle parait même avoir été réalisée dans ce seul objectif ! Dès lors elle offrait une justification éthique et passionnelle pour éradiquer de l’association ses bénéficiaires supposés - pour les « « balayer » » -, en évitant soigneusement le débat politique que certains voulaient précisément masquer.

Dès que la commission d’enquête mise en place pour faire la lumière a publié son rapport le 28 septembre 2006, qui concluait à une fraude, les élus au CA qui n’étaient pas sur la liste de Susan George ont démissionné. Je faisais évidemment partie des démissionnaires, il n’était pas question de rester dans un CA illégitime. Attac a donc été dirigée, du début du mois d’octobre au début du mois de décembre, par Pierre Khalfa et la sensibilité qui s’était regroupée derrière lui.

Les événements qui se sont succédés, depuis l’Assemblée générale de Rennes les 17 et 18 juin 2006, ne manquent pas non plus de nombreuses zones d’ombre.

A.- Fallait-il convoquer les médias aux débats internes à Attac ?

Le sens des responsabilités des différents dirigeants d’Attac, à quelque sensibilité qu’ils appartiennent, a pu se mesurer ces derniers mois à leur comportement vis-à-vis des médias. De bout en bout, ce sont les mêmes qui se sont appuyés sur les médias dominants pour utiliser la fraude électorale dans une optique électoraliste et de règlement de compte. Ils n’en étaient pas à leur coup d’essai. Pierre Khalfa et Susan George, en particulier, ont contribué sans vergogne à dévaster l’image d’Attac. Incapables de se contenir, ils ont fait passer leurs ressentiments personnels et intrigues politiques avant l’intérêt supérieur de l’association.

Le plus choquant est l’attitude adoptée par les élus de la liste de Susan George qui, à Rennes, ont convoqué les médias le samedi après-midi du 17 juin, en séance plénière, pour jouer leur coup de théâtre : l’annonce qu’ils refusaient de siéger au Conseil d’administration au motif que les résultats des élections faisaient apparaître des « « anomalies statistiques » ». Certains de ces élus, au demeurant peu nombreux, ont ensuite multiplié les interventions dans les médias, accusant parfois nommément les autres dirigeants d’Attac des pires turpitudes.

Récemment encore, certains membres fondateurs ont instrumentalisé le journal Politis pour en faire un vecteur de la campagne électorale interne à Attac. Sans droit de réponse, de nouvelles accusations, toutes aussi fausses les unes que les autres, ont été proférées contre des membres de l’ancienne direction de l’association. L’histoire de l’association de ces dernières années a été réécrite, dans un sens évidemment favorable à ceux qui rêvaient d’en prendre le contrôle.

Dans le même numéro de Politis, 6 candidats de la liste « « Altermondialistes et démocratiques » », c’est-à-dire celle soutenue par Pierre Khalfa et Susan George, se présentant comme des « « jeunes » », ont eu droit à une tribune - dont ont été privés les autres candidats au CA - dans laquelle les contrevérités et accusations, encore une fois, ont été abondamment déversées sur les membres de l’ancienne direction d’Attac.

De tous ces comportements, un profond mépris pour Attac et un sentiment d’irresponsabilité se dégagent. Il aurait été possible, si le sens des responsabilités et de l’éthique nous avait échappé, d’utiliser les mêmes méthodes que celles du groupe qui voulait le contrôle de l’association. Attac serait alors devenue un champ de bataille bien pire que ce que l’association est devenue, que des milliers d’adhérents auraient fui à toutes jambes.

Par exemple, une campagne aurait pu être lancée dans les médias pour dénoncer une fraude électorale qui bénéficie, dans les faits, à ceux qui s’opposaient à l’ancienne direction d’Attac. Sans nommer publiquement personne, il aurait été possible de laisser planer un doute sur tel ou telle, susurrer sous le manteau des noms de possibles fraudeurs, trouver des dates auxquels le forfait aurait été commis, donner des détails inventés de toute pièce, lancer des rumeurs et des ragots. Bref, jouer au corbeau en habillant cette activité sordide des habits du droit et de la morale et en l’auréolant de la vertu de la République, comme certains n’ont pas hésité à le faire ces derniers mois.

Contre les 6 jeunes gens à qui la nouvelle direction de Politis a offert si généreusement une tribune à sens unique, militants pour certains à la coordination Attac-Campus, une campagne de harcèlement aurait pu être organisée. Comme celle qu’ils ont menée contre l’ancienne direction d’Attac. Et il y aurait eu beaucoup de choses à dire ! Car la coordination Attac-Campus ne coordonne rien du tout, elle n’est qu’une coquille vide dans laquelle ne se trouve qu’une poignée de représentants de comités de base (2 ou 3 dans toute la France ?), auto-désignés, rassemblant chacun 3 ou 4 militants. Nous aurions pu rappeler que l’ancien chef d’Attac-Campus, Maxime Combes, a été convaincu de fraude avant les dernières élections car il avait créé deux adhérents fictifs (Amélie Blain et Thierry Super) dont le rôle - hormis voter pour les candidats de la liste soutenue par Susan George - était d’intervenir avec violence sur les listes électronique s contre la direction sortante. Susan George, d’ailleurs, avait eu ce mot exquis pour qualifier cette fraude : « « une plaisanterie de lycéens » ».

Certains des jeunes gens qui signent cette tribune dans Politis n’ont eu aucun mot de désapprobation face aux agissements de leur ancien chef, mais ils viennent en plus de le réintégrer sur la liste électronique d’Attac-Campus. Il s’agit de Chloé Bénéteau, Wilfrid Maurin, Raphael Pradeau et Aurélie Trouvé, tous candidats au CA. Quant au bruit médiatique orchestré par la poignée de membres de la coordination Attac-Campus, il est inversement proportionnel à leur activité réelle et à l’influence d’Attac dans les universités.

Par sens des responsabilités, nous n’avons pas jugé utile de remuer toute cette boue, nous avons considéré que les adhérents étaient capables, d’eux-mêmes, de distinguer qui travaille honnêtement, efficacement, de manière désintéressée, et qui brasse du vent.

B.- L‘instrumentalisation de la fraude

La campagne sur le « « style de direction » » ayant échoué, une nouvelle campagne débutait autour de la fraude. Susan George, par exemple, explique crûment dans une lettre diffusée aux adhérents branchés sur Internet, le 17 novembre 2006, qu’il faut « « chasser la direction » » d’Attac.

Le thème de la fraude était idéal, en effet, et présentait au moins deux avantagesdécisifs. D’une part, il empêcherait tout débat politique qui aurait risqué de faire apparaître en pleine lumière le rôle obscur de certains des représentants des organisations fondatrices. D’autre part, la fraude représentait un sujet particulièrement sensible, qui toucherait au coeur les militants engagés à Attac notamment pour « « faire de la politique autrement » ». Parvenir à faire croire que tout ou partie de l’ancienne direction avait fraudé était la certitude de récupérer le pouvoir en déconsidérant pour longtemps ceux qui avaient été accusés, à défaut d’avoir été confondus.

1.- Qui a organisé la fraude ?

Les « « victimes » » apparentes de la fraude l’ont-elles organisée ou se sont-elles simplement servis de cette fraude commise par d’autres ? Nul ne peut le dire pour le moment.

Les élus qui figuraient sur la liste soutenue par Susan George, qui n’avaient obtenu que 9 sièges sur 24 à l’élection du CA (10 si l’on ajoute Régine Tassi qui était présentée sur la liste de Susan George comme un « « cas particulier » »), ont annoncé théâtralement lors de l’Assemblée générale de Rennes, le 17 juin après-midi, leur refus de siéger au motif que des « « anomalies statistiques » » avaient été constatées dans le résultat des élections. La commission d’enquête interne conclura, dans un rapport du 28 septembre 2006, qu’il y avait bien eu fraude.

Les fraudes électorales, même dans un Etat de droit comme la France, se produisent de temps à autre lors d’élections politiques ou au sein d’organisations comme des associations, des syndicats ou des partis. Elles représentent ce qu’il y a de pire en politique. La fraude qui est intervenue à Attac réduit à néant notre prétention à vouloir « « faire de la politique autrement » ». Toutefois, l’expérience des fraudes, en droit, a donné quelques enseignements robustes.

Un recours en annulation d’une élection, ou un simple contentieux électoral, n’est jamais suspensif, c’est-à-dire qu’ils ne provoquent pas l’annulation automatique et immédiate de l’élection. Ce serait trop facile ! Il suffirait que les perdants, après chaque élection, hurlent à la fraude pour obtenir une nouvelle élection, sans attendre que la preuve de la fraude ne soit établie. Les perdants pourraient ainsi se refaire une santé à l’élection suivante - ou du moins l’espérer -, après avoir consciencieusement « « démoli » » leurs adversaires en les accusant de la fraude.

C’est pourquoi la demande qui a été faite par les élus de la liste soutenue par Pierre Khalfa et Susan George d’annuler les élections et de mettre en place une structure provisoire remplaçant le CA était parfaitement irrecevable. Elle n’avait aucun fondement juridique et, sur le plan politique, aurait contribué à l’instabilité institutionnelle d’Attac, suffisamment fragile comme cela. Néanmoins, sans attendre les conclusions des enquêtes que nous avions décidées, nous avons annoncé, à l’Assemblée générale du 17 juin, puisque la légitimité du CA était mise en doute, que de nouvelles élections devaient être organisées. Aucune suspicion, nos yeux, ne pouvait venir entacher la légitimité du CA. Et c’est ce que nous avons fait. En droit, seule une décision de justice pouvait pourtant nous y contraindre. Nous avons donc adopté une attitude conforme au droit et à l’esprit de responsabilité qui devait caractériser ceux qui ont la charge d’une organisation aussi impor tante qu’Attac.

En attendant le résultat de ces enquêtes, la plus grande prudence s’imposait, rien ne devait être dit ou fait qui puisse nuire à Attac et jeter de l’huile sur le feu. La modération devait l’emporter sur les passions. L’association devait assurer la continuité de son fonctionnement et de son activité, et se remettre au travail. C’est la raison pour laquelle nous avons élu le Bureau et la présidence, conformément à l’ordre du jour de l’Assemblée générale.

Autre expérience tirée des contentieux électoraux : il faut saisir les instances de recours ad hoc. Pourquoi ceux qui ont dénoncé les « « anomalies statistiques » » n’ont-ils pas saisi, immédiatement, la « commission électorale et des conflits », composée paritairement, au lieu de faire tout ce bruit, dont on voit combien il a été destructeur pour Attac ? On nous explique que c’est précisément grâce à ce bruit que les enquêtes ont pu être menées, la fraude prouvée et de nouvelles élections organisées. Mais cette commission électorale paritaire pouvait être réunie par Pierre Khalfa puisqu’il en faisait partie, même sans la moitié de ses membres qui auraient voulu, par leur absence, freiner la connaissance de la vérité. De toutes les manières, cette commission pouvait agir. Et puis, comme dans tout contentieux électoral, ceux qui estimaient avoir été lésés se devaient de saisir la justice. Pou rquoi ne l’ont-ils pas fait ? Et pourquoi, plus de 5 mois après les faits, la justice n’est-elle toujours pas saisie, alors que le Conseil d’administration est désormais totalement contrôlé par la majorité des fondateurs ?

2.- L’affaire dite du « « tilleul » »

La fraude a servi de fonds de commerce et de rente à ceux qui voulaient conquérir le pouvoir au sein d’Attac. Il fallait que la polémique sur la fraude dure le plus longtemps possible. La meilleure preuve, d’ailleurs, vient de l’anecdote dite du « « tilleul » ». En effet, un magnifique tilleul trône au milieu du campus où nous tenions l’Assemblée générale à Rennes. Pendant une interruption de séance, le samedi 17 juin après-midi, certains des élus de la liste Khalfa-George, dirigés par Jean-Marie Harribey, ont proposé une rencontre aux autres élus. A condition, bien sûr, que je n’y assiste pas. J’ai accepté de ne pas participer à cette réunion, avec l’accord de mes camarades. Ces derniers, à leur grande surprise, se sont vus proposer un chantage par Jean-Marie Harribey et Geneviève Azam. Si nous acceptions une co-présidence au bénéfice de Jean-Marie Harribey et d’une femme de notre liste, ou de Geneviève Azam et d’un hom me de notre liste, ils s’engageaient à cesser leur campagne sur la fraude... Il fallait, en échange, m’évincer. Evidemment ce chantage a été refusé, et comme l’avaient promis Jean-Marie Harribey, Geneviève Azam et d’autres, la campagne sur la fraude s’est amplifiée.

Face à la fraude, leurs émotions étaient donc feintes, leur colère simulée, l’invocation des grands principes éthiques et moraux artificielle. En échange du pouvoir, ils étaient prêts à renoncer à toutes les valeurs auxquelles ils nous disaient croire.

Dès lors, les comportements irrationnels se sont multipliés dans l’association, du sommet jusqu’à la base. Des tombereaux d’âneries ont été déversés sur les listes électroniques d’Attac. Elles témoignaient, au-delà de la déception, légitime, de nombreux adhérents, d’une triple méconnaissance : du fonctionnement d’Attac, du droit, des faits associés à cette affaire. D’autant que nous n’avons pas voulu céder aux polémiques, notre ligne de conduite, en toute circonstance, ayant été la discrétion, la modération et la prudence, en attendant le résultat des études et enquêtes. Mais nous avons probablement trop laissé dire n’importe quoi, nous n’avons pas voulu nous défendre. Nous voulions protéger Attac.

Deux affaires, pour ne prendre que ces exemples, témoignent de ces dérèglements : celle dite des « « clés » » du siège et celle dite des « « scellés » ».

3.- L’affaire dite des « « clés » » du siège

Un des arguments électoraux utilisés notamment par Pierre Khalfa est de dire que seuls, parmi les dirigeants d’Attac, la secrétaire générale et le président disposaient des clés de la porte blindée donnant accès au siège d’Attac. C’est pour eux l’argument ultime prouvant la culpabilité des détenteurs de ces clés. Il ne semble pourtant pas inhabituel que la secrétaire générale et le président d’une association disposent des clés du siège de l’association dans laquelle ils exercent des responsabilités. Par ailleurs, frauder en sachant que seules deux clés permettent l’accès aux locaux, et que tout le monde sait qui possède ces deux clés, relèverait d’une inconscience dont les deux personnes en question n’ont pas donné la preuve jusqu’ici.

En réalité tous les salariés du siège disposent d’une clé, il existe même des « « passes » ». Le délégué général, Jean-Louis Sounes, dont la sympathie pour Pierre Khalfa est de notoriété publique, et Renaud Dumas (salarié du siège, candidat sur la liste soutenue par Susan George), disposent donc aussi chacun d’une clé de la porte blindée, comme c’est évidemment nécessaire à leur activité. Ils étaient également les seuls à disposer de la clé de la pièce où étaient entreposés les bulletins de vote. Ont-ils prêté leurs clés ? Si oui, à qui ? En ont-ils fait des doubles ? Si oui, a qui les ont-ils remis ? Bref, toutes les hypothèses sont permises.

4.- L’affaire dite des « « scellés » »

L’affaire dite des « « scellés » » est tout aussi fantasmagorique. Un partisan de Pierre Khalfa, Serge Le Quéau, membre de l’ancien Conseil d’administration et militant de Sud-PTT, comme Pierre Khalfa, considère avoir trouvé lui aussi la preuve irréfutable de la culpabilité de l’ancienne direction dans la fraude. Le président de l’association, en effet, aurait, le dimanche soir du 11 juin, « « interdit » » la pose de scellés sur la porte de la pièce du siège d’Attac donnant accès aux bulletins de vote. C’est totalement faux. La commission électorale s’est réunie le dimanche 11 juin, au soir du dépouillement, dans les locaux de Montreuil, en présence des membres du CA qui étaient sur place. Etaient présents : Jean-Pierre Beauvais (fondateur, Politis), Bernard Cassen (fondateur, Le Monde diplomatique), Marc Delepouve (fondateur, FSU), Mich èle Dessenne (fondateur, Les Pénélopes), Renaud Dumas (siège), Pierre Khalfa (fondateur, Union syndicale solidaires), Serge Le Quéau (CA), Alex Nikichuk (Attac Orge Centre), Jacques Nikonoff (CA), Jean-Louis Sounes (siège), Régine Tassi (CA).

Les participants ont constaté que le dépouillement n’était pas terminé du fait de l’insuffisance du nombre d’adhérents ayant participé aux opérations. Ils décidaient par conséquent d’organiser trois soirées supplémentaires de dépouillement les lundi 12, mardi 13 et mercredi 14 juin 2006 (le 15 juin était déjà prévu). Un appel aux adhérents était immédiatement lancé pour qu’ils participent à ces nouveaux dépouillements. Les participants décidaient également, afin d’avoir une situation nette après chaque journée de dépouillement, et pour limiter au maximum les risques d’erreurs ou d’irrégularités, de procéder, chaque soir, au comptage des opérations de dépouillement de la journée. Personne n’a demandé, oralement ou par écrit, ni avant, ni pendant, ni après cette réunion, la pose de scellés... En lançant ses accusations sur les listes électroniques, Serge Le Quéau ne faisait que poursuivre et alimenter le travail de sape organisé par ses amis.

5.- Questions sur l’attitude des « « victimes » »

Au total, l’attitude des « « victimes » » de la fraude suscite de nombreuses interrogations :

Pourquoi ceux qui affirment avoir été au courant de ces « « anomalies statistiques » », dès le mercredi 14 juin, donc avant la proclamation des résultats, n’ont-ils pas alerté les instances de l’association, notamment la « « Commission électorale et des litiges » » qui avait été mise en place dans ce but ? A défaut, le Conseil d’administration, dans lequel Pierre Khalfa et ses partisans étaient majoritaires, pouvait être saisi afin de demander la suspension de la proclamation des résultats, prévue le 17 juin, le temps de faire les vérifications nécessaires.

Pourquoi ceux qui avaient des doutes ont-ils seulement contacté les statisticiens du Conseil scientifique opposants de longue date à la direction d’Attac (Michel Husson et Thomas Coutrot), et non tous les statisticiens membres du Conseil scientifique ?

Pourquoi avoir privilégié systématiquement la thèse de la fraude avant même d’attendre les résultats de la commission d’enquête ? C’est en effet la thèse de la fraude qui a été immédiatement mise en avant par les candidats de la liste de Susan George, comme s’ils savaient déjà qu’il y avait eu fraude.

6.- Manœuvres déloyales pendant la campagne électorale

La campagne électorale pour l’élection au Conseil d’administration du 4 décembre 2006 a donné lieu - hormis l’étalage de son incompétence - à une multitude d’actes déloyaux de la part du Conseil d’administration désormais aux mains de la majorité des fondateurs. Le plus grave d’entre eux est l’inégalité de traitement subie par les candidats signataires du texte « « Avenir d’Attac, pour une Attac de deuxième génération » ».

Je n’évoque même pas ici les courriers électroniques partant de l’adresse du délégué général de l’association, diffusés sur toutes les listes électroniques, portant des messages de tel ou telle appelant à voter pour la liste des fondateurs et pour la liste de Pierre Khalfa (Altermondialistes et démocratiques). Cette manière de faire s’assimile à une indication officielle de vote émanant du siège, ce dernier mettant ses moyens au service d’une liste et pas des autres.

Rappelons que « « Avenir d’Attac » » est un réseau d’adhérents qui ont décidé de mener des réflexions sur l’avenir de l’association. Le réseau, chacun le sait, est un des modes d’organisation du mouvement altermondialiste. Un réseau, pour voir le jour, n’a aucune autorisation à demander, comme son fonctionnement ne peut être l’objet d’un contrôle. Or la création de ce réseau semble avoir fortement indisposé la majorité des fondateurs et les élus qu’ils soutiennent et qui ont inondé les listes électroniques d’Attac en multipliant les accusations de toute nature. Faut-il comprendre que pour eux, qui n’ont que le mot « « réseau » » à la bouche, un réseau n’a d’intérêt que s’ils le contrôlent ?

L’accusation la plus grave vient d’un communiqué du 23 novembre 2006 du Conseil d’administration qui accuse les signataires du texte « « Avenir d’Attac » » de s’être « « procuré » » le fichier des adhérents afin de l’utiliser pour envoyer des messages qui n’offrent pas de droit de réponse. Ce communiqué a eu la prudence d’utiliser un terme modéré - « « procuré » » - autrement une plainte pour diffamation aurait été déposée contre les responsables du CA. Si ces derniers estiment que le fichier des adhérents a été « « subtilisé » », qu’ils portent plainte ! Pourquoi ne le font-ils pas, si ce n’est parce que c’est faux et qu’ils souhaitent, une nouvelle fois, utiliser tous les prétextes pour empêcher le débat démocratique !

Les adresses électroniques utilisées par « « Avenir d’Attac » » ne proviennent absolument pas du fichier des adhérents. Elles viennent de la collecte, depuis des années, des adresses des adhérents avec lesquels les uns et les autres ont pu être en contact ou qui ont circulé sur les listes électroniques. Elles viennent également de militants de Comités locaux qui ont considéré que les courriers du réseau « « Avenir d’Attac » » pouvaient intéresser des adhérents dont ils ont transmis les adresses électroniques. Celles-ci viennent enfin d’inscriptions directes sur le site Internet d’Avenir d’Attac.

Certains, jouant les vierges effarouchées, jugent scandaleuse la méthode qui consiste à abonner à des listes électroniques des adhérents « « qui ne l’ont pas demandé » ». La remarque est étonnante quand on sait que nous sommes dans une campagne électorale cruciale pour l’avenir de l’association. Est-il anormal de donner de l’information aux adhérents alors que beaucoup d’entre eux avaient protesté car ils estimaient ne pas être correctement informés des dissensions au sein de la direction ? Cette attitude est une constante chez une majorité des fondateurs : tout faire pour empêcher le débat. Quant aux adhérents qui reçoivent ces courriers électroniques, il ne faut pas sous-estimer leurs capacités de raisonnement. Un courrier électronique est comme la distribution d’un tract dans leur boite aux lettres, personne ne sonne à leur porte pour leur demander l’autorisation ! Si le tract ne leur plait pas, ils le jettent ! C’est pareil avec Internet qui ne fait que diffuser, en réalité, des tracts électroniques. Si cela ne leur plait pas, ils mettent à la poubelle ou se désabonnent. Mais ils n’en font pas un fromage !

Quant à l’accusation selon laquelle il n’y a pas de possibilité de droit de réponse, elle est caduque. La diffusion de textes par « « Avenir d’Attac » » vise à faire connaître les analyses et les points de vue des candidats signataires de ce texte. Tous les autres candidats et toutes les autres listes peuvent procéder de manière identique. Qu’est-ce qui les en empêche ? Ceux qui veulent répondre peuvent parfaitement le faire sur les listes électroniques de l’association. Par ailleurs, aucun droit de réponse n’a été demandé, à ma connaissance, à « « Avenir d’Attac » ». Le site Internet d’Avenir d’Attac offre en outre un forum qui permet à chacun de s’exprimer.

Autre accusation, « « Avenir d’Attac » » utiliserait illégalement le logo de l’association. Il n’y a rien d’illégal à cela. Les créateurs du site « Avenir d’Attac » constituent un réseau d’adhérents d’Attac. Pourquoi devraient-ils devenir clandestins ?

D’autres actes déloyaux ont été commis lors de cette campagne électorale, provenant de correspondants électroniques locaux (CEL) et d’instances d’animation de Comités locaux.

Certains CEL, heureusement peu nombreux, ont exercé une véritable censure sur les textes de candidats qui n’avaient pas leurs faveurs et ont donné une information à sens unique, systématiquement en faveur de la liste des fondateurs et de la liste de Pierre Khalfa (Altermondialistes et démocratiques). Leur rôle, pourtant, est de diffuser une information honnête et pluraliste permettant aux adhérents de se former leur propre jugement. Devant ce scandale, le Conseil d’administration a gardé le silence...

Ce sont par ailleurs 6 instances de Comités locaux, à ce jour, qui ont diffusé à leurs adhérents des appels à voter pour la liste des fondateurs et pour la liste soutenue par Pierre Khalfa et Susan George (Altermondialistes et démocratiques). Aucun autre Comité local n’a procédé de cette manière en faveur de telle ou telle liste. Il s’agit d’Attac Toulouse (dont fait partie la candidate Geneviève Azam) ; Attac Dijon (dont fait partie la candidate Aurélie Trouvé) ; Attac Marseille (dont fait partie la candidate Christelle Baunez) ; Attac Saint-Brieuc (dont fait partie la candidate Cécile Verdin) ; Attac Paris Centre (dont font partie les candidats Jean-Michel Coulomb et François Garraud) ; Attac Paris 12 (dont fait partie le candidat Maël Theulière). Leur décision a favorisé une liste au détriment des autres, leurs adhérents n’entendent ainsi qu’un seul son de cloche qui s’apparente à une consigne officielle. La méthode, sur le plan dém ocratique, est en outre détestable puisqu’elle vise à nier la diversité de l’association. Quel choix reste-t-il aux adhérents de ces Comités qui ne partagent pas le point de vue de l’instance d’animation ? Celui de changer de Comité local ou de quitter Attac ? Ces comportements, assimilables à une véritable épuration idéologique, ont contribué et contribueront plus encore demain à vider Attac de ses adhérents. Qui pourrait, dans ces conditions, voter pour Geneviève Azam, Aurélie Trouvé, Christelle Baunez, Cécile Verdin, Jean-Michel Coulomb, François Garraud et Maël Theulière, coupables d’atteintes aussi graves au pluralisme et à la démocratie ? Je n’évoque même pas, ici, l’utilisation abusive des finances de ces Comités locaux au profit d’une seule des listes en concurrence.

Que vaut, dans ces conditions, le « « parrainage » » de certains des candidats par les Comités locaux qui ont eu ce genre de pratique ? Que vaut le « « consensus » » ?

Conclusion

Le succès historique d’Attac, jusqu’ici, a été d’avoir identifié, décrit et démystifié le phénomène de la mondialisation en mettant en son cœur l’idéologie néolibérale. Nous l’avons fait avec d’autres, mais nous y avons joué un rôle décisif. Le moment est venu de passer à la deuxième période d’Attac, celle d’élaborer et diffuser des propositions crédibles pour rompre enfin avec le néolibéralisme. Nous y parviendrons en étant une organisation rassemblée et unie, largement ouverte et internationale, active dans le mouvement altermondialiste, impertinente, où tous ceux qui pensent qu’un autre monde est possible pourront trouver leur place.

Attac-France est désormais un acteur majeur de la société française. C’est tout le travail d’équipe réalisé depuis 1998 qui a trouvé son aboutissement dans la campagne victorieuse du référendum. Attac apparaît ainsi comme un objet unique, et même comme une catégorie à elle toute seule : ni parti politique, ni syndicat, elle est une association qui veut s’appuyer de plus en plus sur ses adhérents. Une culture d’organisation, une identité associative, un sentiment d’appartenance et une fierté se sont créés qui rendent difficile qu’Attac, en tant qu’organisation, soit dirigée par d’autres organisations, même si elles sont fondatrices.

Les élections du 4 octobre 2006 offrent probablement l’une des dernières possibilités de perpétuer le projet original d’Attac. Seul le vote CONTRE la liste des fondateurs et pour les 23 candidats signataires du texte « Avenir d’Attac, pour une Attac de deuxième génération » permettra d’y parvenir.

http://www.avenirdattac.net/article.php3 ?id_article=94

 

 

Par des Electrons Libres ... - Publié dans : olv64
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