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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 23:36

 

De Sud Ouest

 

 

BORDEAUX. --Hier Stéphane Lhomme a été condamné pour s'être rebellé en grimpant le long du mur de la cour d'appel

La campagne s'immisce décidément partout. Hier, sur l'esplanade située devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, beaucoup se sont amusés à souligner qu'on pouvait croiser un ancien candidat à la présidentielle (Noël Mamère), un candidat en lice, en chair et en os (José Bové) et même les mots d'un autre candidat (Olivier Besancenot) qui a apporté tout son soutien par une lettre.
Tous là pour accompagner Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, attendu dans une des salles d'audience pour répondre de « rébellion et violences » à l'encontre, excusez du peu, d'un commissaire de police et d'un substitut du procureur de Bordeaux.
Tout remonte au 27 octobre dernier. Ce jour-là, une scène plutôt surréaliste s'était déroulée sur un échafaudage accolé à un bâtiment de la cour d'appel.Stéphane Lhomme avait profité des travaux en cours pour grimper tout en haut, et ainsi mieux se faire voir (et entendre) des médias aussitôt prévenus.
Le militant antinucléaire protestait alors contre « l'enterrement » d'une plainte déposée trois ans plus tôt contre les responsables de la centrale du Blayais, accusés d'avoir pompé et rejeté de l'eau sans les autorisations nécessaires à l'époque.
Ce matin-là, alors qu'il trônait en haut de la cour d'appel, le commissaire et le substitut ont voulu aller lui parler et sont montés sur la passerelle de chantier. Là, les versions divergent. Pour les uns, Stéphane Lhomme aurait volontairement refermé une trappe sur la jambe du magistrat et se serait rebellé à l'interpellation du commissaire.
Le militant antinucléaire, lui, nie toute violence, et évoque un geste malencontreux pour la trappe. Tout le monde s'en est largement remis depuis... Le commissaire comme le substitut ne se sont pas portés parties civiles, mais le parquet de Bordeaux, auquel Stéphane Lhomme reprochait justement une certaine inertie, a décidé de poursuivre le militant.
D'où le pique-nique organisé hier juste avant le procès et les prises de parole musclées de Noël Mamère ou de José Bové. Les deux hommes ont fustigé la tendance actuelle « à poursuivre en justice des militants de l'environnement ». Les deux ont fustigé « les lobbies, des OGM ou du nucléaire, qui interdisent tout débat en France ».
José Bové s'est même souvenu des charges policières à l'époque de la mise en service de la centrale de Braud-et-Saint-Louis. C'était en 1975. La centrale a depuis été construite, un décret vient de transposer une directive européenne sur la culture (certes très réglementée) des OGM en France, mais José Bové pense malgré tout que « le combat est en passe d'être gagné ».
Stéphane Lhomme a été condamné à 1 000 euros d'amende avec sursis. Il songe déjà à faire appel. Comme Jean-Michel Tastet, militant de Tchernoblaye, condamné lui aussi à 1 000 euros d'amende avec sursis, et à qui on repprochait une rébellion lors de son arrestation.

 

 

Par Des Electrons Libres ... - Publié dans : olv64
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