Mardi 3 avril 2007
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Rendez-vous à Marmande dès jeudi 5 avril pour obtenir l’interdiction des semis de Claude Menara
TOUS DEVANT LE TRIBUNAL DE MARMANDE
Ce JEUDI 5 avril à 11 heure, en soutien aux deux copains, un Agriculteur Bio et l'autre Apiculteur qui ont assignés Claude Menara, un Transgeniculteur, devant le tribunal pour pollution
Pour une fois, cela change des faucheurs actifs cible préférée d' une certaine justice ...
L'apiculteur assigne l'agriculteur
( Journal Sud Ouest du week du 18 mars )
Apiculteur à Verteuil-d'Agenais (47), Maurice Coudoin incarne la nouvelle ligne de front anti-OGM, qui se déplace désormais du champ au prétoire. Lui-même et son épouse, Marie-France (c'est elle le chef d'exploitation), ont assigné en référé devant le tribunal de grande instance de Marmande un agriculteur de Bouglon (47), producteur de maïs transgénique (maïs BT, Monsanto 810), Claude Menara.
La Confédération paysanne (syndicat agricole), l'Abeille périgourdine et l'Abeille gasconne (syndicats professionnels) ainsi que le Groupement de défense sanitaire des abeilles (GDSA) du Lot-et-Garonne se sont associés à leur requête (1). Cette dernière repose sur les résultats d'une « expérimentation » conduite en 2006 par le Collectif aquitain avenir sans OGM, à laquelle l'apiculteur s'était associé. Elle visait à mesurer concrètement les effets de dissémination et de contamination à partir de prélèvements réalisés sous contrôle d'huissier puis analysés dans un laboratoire indépendant en Loire-Atlantique (« Sud Ouest » du 31 août 2006).
Agents de diffusion. Les ruches tests, placées à 400, 1 200 et 1 500 mètres des parcelles OGM de Claude Menara, dans la commune de Grézet-Cavagnan (47), avaient révélé, dans les « trappes de fond de ruche », explique M. Coudoin, des taux de contamination des pollens de « 34 % à 400 mètres et 39 % à 1 200 mètres ». La preuve évidente, selon lui, que les abeilles peuvent se révéler de redoutables agents de diffusion des OGM, a fortiori si les surfaces de culture devaient se multiplier comme l'a envisagé la dernière assemblée générale d'Euralis à Pau-Lescar (« Sud Ouest » du 8 février 2007).
Au passage, Maurice Coudoin rigole franchement quand on lui oppose que les abeilles ne butinent pas le maïs. Son autre argument est de dire que l'on ne mesure pas encore les dégâts que le maïs génétiquement modifié peut provoquer sur l'abeille elle-même : « Ce maïs est lui-même insecticide et détruit ses parasites, la pyrale et la sésamie, en attaquant leur système digestif; qu'en sera-t-il du système digestif de l'abeille ? » Et Maurice Coudoin s'insurge : « Claude Menara détruit mon outil de travail ! »
Les parcelles OGM de Claude Menara, à Grézet-Cavagnan, sont pourtant distantes d'une bonne vingtaine de kilomètres de l'exploitation de l'apiculteur, à Verteuil-d'Agenais. C'est loin pour une abeille. Sauf qu'en apiculture, ce ne sont pas les abeilles qui se déplacent mais les ruches que l'on transporte sur les zones mellifères au gré des floraisons. On appelle ça la « transhumance ». « Or, estime l'apiculteur, au fur et à mesure que les OGM vont se développer, les risques vont grandir. » Il observe en parallèle que le marché du miel et des abeilles (il est aussi « éleveur ») s'accommode mal de toute trace d'OGM. Il note d'autre part que les producteurs de maïs conventionnel se méfient d'une contamination transportée ainsi par la voie des airs. « Ils ne vont plus accepter nos ruches près de leurs champs », dit-il.
« Trouble de voisinage ». Maurice Coudoin est assisté par le cabinet d'avocats Roux, à Montpellier. La requête porte sur deux points : « L'atteinte portée aux intérêts des requérants » et « l'existence d'un trouble anormal de voisinage ». Quant à l'« urgence » que traduit le choix de la procédure du référé, elle repose sur le fait que les semis de maïs 2007 vont commencer à s'opérer.
Claude Menara, visé par l'assignation, a valeur de symbole au yeux de Maurice Coudoin. Il peut en effet être considéré comme faisant partie, en France, des agriculteurs pionniers de la culture du maïs transgénique à des fins commerciales. Une position qu'il assume parfaitement. C'est en effet dans l'un de ses champs que s'était tenue, il y a un an et demi (« Sud Ouest » du 8 octobre 2005), une conférence de presse sur ce thème. Même la BBC s'était déplacée !
Ex-militaire. Petit, râblé, direct et déterminé, Maurice Coudoin, qui est ausi un ancien militaire, est prêt à tout dès lors qu'ils s'agit de défendre l'apiculture, les apiculteurs et les abeilles, qu'il désigne comme les « sentinelles de l'environnement ». Il avait déjà connu son heure de gloire il y a quelques années, comme fer de lance du combat contre le Gaucho et le Régent, deux pesticides, jusqu'à obtenir leur interdiction sur certaines cultures.
(1) Le Civam bio 47, Bio d'Aquitaine, l'Union nationale des apiculteurs de France et plusieurs syndicats apicoles régionaux soutiennent la démarche.