L’électron libre n’est attaché à aucune molécule organisée. Il voyage de l’une à l’autre sans problème mais, et c’est toujours le cas, sa liberté dépend du support sur lequel il se pose et de sa capacité à le quitter pour en rejoindre un autre. C’est dans ces conditions qu’il peut voyager et progresser librement, pour atteindre son but.
Electrons nous le sommes tous mais pas forcément libres, même pour ceux qui se le disent ou se l’imaginent. Pour être libre il doit pouvoir se diriger et choisir, seul ou avec d’autres électrons, la molécule qui le fait progresser dans la direction qu’il se propose d’avancer.
L’organisation moléculaire des électrons libres est particulière, elle ne peut pas les fixer et doit se modifier en permanence. C’est à elle de s’adapter aux électrons, à leur travail particulier, à la tâche qu’ils se donnent pour poursuivre leur route et s’accomplir en êtres de liberté.
La liberté est un accomplissement personnel, elle nous lie aux devoirs qui en réalisent le progrès. Elle exprime l’être que nous sommes par un travail personnel qui se réalise. Respecter l’individu ou le travail personnel qu’il réalise est une nécessité absolue ! Montrer les déviations ou le progrès d’un travail personnel sur la réalisation d’une tâche commune marque le respect. Trop souvent l’on personnifie l’individu, et le travail qu’il réalise devient un exemple à suivre ou à rejeter. Ceux qui agissent de la sorte sont alors partisans, ils ne respectent plus les tâches communes qui réalisent la liberté des individus.
La critique positive ou négative d’un individu est facile, il suffit de l’affubler d’épithètes « flatteurs » ou « dégradants » et l’y assimiler par quelques allusions. Cette pratique exclusive est décantation, elle invite à la fraction pour stabiliser la position de son auteur. Elle renforce la réaction mais n’apporte aucun élément de progrès dans l’exécution d’un travail commun.
Autrement plus difficile est la critique d’une tâche, d’une position ou d’un travail individuel ou collectif. Quelque en soit la forme ou la qualité, elle sera toujours ouverte au progrès d’un travail collectif. Elle pousse à l’action et à la réaction des individus concernés et les crédite d’un respect mutuel que l’ignorance et les épithètes détruisent.
Le respect de la personne humaine ne se trouve pas dans l’approbation ou la réprobation d’un travail accompli, ou d’une position tenue, mais dans sa critique. Que cette critique soit positive ou négative cela n’y change rien, elle marque toujours le respect de la personne par l’attention que l’on porte à son travail, ou à sa position.
Le texte de Durito ( * ) est un travail qui mérite plus qu’une présentation publique, et les éloges d’un « chapeau » qui lui est attribué. Il peut être la base d’un travail collectif qui réalise l’objet qu’il nous propose : Adapter le site à un espace citoyen où la liberté de chacun s’exprime, et progresse dans la réalisation d’une tâche partagée ou mise en commun. Ne pas y faire suite et se contenter d’un soutient exclamatoire, c’est tout simplement manquer de respect pour le travail qu’il a produit, pour le temps qu’il a passé et pour le projet qu’il nous propose.
Cet avant propos est une position partisane, c’est la mienne et est ouverte à toutes critiques. Je m’appliquerai à soumettre point par point le texte de Durito à cette position, pour en extraire les forces et faiblesses, m’en éduquer et en tirer les leçons. C’est en faisant cette critique que nous respecterons le citoyen, électron libre Durito et, tout ceux qui l’accompagnerons dans cette tâche seront les bien venus.
L’UNITÉ
Il semble que la déception et les rancoeurs aient pris le pas sur cette formidable dynamique. Il est bien dommage que des élections nous divisent à ce point, dans une période de mouvements sociaux forts, après le refus du TCE, la révolte des banlieues et le mouvement étudiant du printemps 2006. Il ne faut pas oublier que les élections post-mouvements sociaux n’ont jamais été favorables à ces mouvements : Entre autre lors de la mise en place du suffrage universel en 1848, avant la commune de Paris en 1871 ou après mai 68.
Le texte de RM Jennar le souligne bien : Nous sommes à un moment important du processus unitaire, et les manoeuvres partisanes ont considérablement affaibli l’unité nécessaire pour résister éfficacement au néolibéralisme.
Mais il est important de dire que nous ne devons en aucun cas renoncer à l’unité, et que les véritables tenants de cette unité sont l’ensemble des citoyens qui ont porté cette candidature et qui ont profité de l’espace de liberté créé par ce site pour s’approprier cet espace politique qui est de toutes façons le leur, le notre.
Les manoeuvres partisanes sont l’ennemi de cette unité, c’est la grande leçon de ces élections. Qu’elles soient issues de partis officiels ou de groupe organisés, elles ne font qu’entraver l’irruption des citoyens dans le domaine politique.
C’est pourquoi il conviendrait de ne pas scléroser notre mouvement en adoptant une attitude ou des structures partisanes.
Nous devons être les tenants incontesté de l’unité, ce qui veut dire nous imposer de fait comme le 1er contre pouvoir.
Mais il faut bien souligner que la seule unité qui vaille, c’est l’unité des citoyens qui souffrent de ce système, ceux qui en sont les victimes permanentes.
En ce sens notre unité n’est pas celle des partis. Nous ne voulons pas que des appareils bureaucratiques s’unissent pour récupérer politiquement la révolte du peuple. Nous voulons l’unité d’en bas, par en bas, pour en bas.
Cela nous impose d’être un point d’impulsion d’initiative unitaire, un carrefour des luttes et des sensibilités, un réseau des réseaux. Aussi de nous sortir du "carcan Bové", et de retrouver ce qui est la principale avancée de l’altermondialisme, à savoir l’union, dans la diversité, par la diversité, face à un ennemi commun.
La solution ne viendra pas d’une sorte d’invention savante que seuls les bureaucrates sauront déchiffrer et utiliser.
LES COLLECIFS UNITAIRES ET LES ELECTRONS LIBRES
Sur les collectifs, il me semble que nous ne devons pas abandonner les collectifs unitaires et laisser les citoyens qui en sont se faire manipuler par les partis. Nous devons y rester, parce que nous sommes les tenants de l’unité. Comme le dit Stélios, "il n’y a qu’eux (les citoyens) qui sauront les faire fonctionner et nous, ne pouvons que les aider et les encourager à se politiser".
"Mais il s’agit aussi, dans le même temps, donc, dans l’idée de mouvement le plus horizontal possible, qu’on développe des pratiques, des cosmovisions, des sentiments qui peu à peu influent sur les militants des partis" (Johann).
Donc à mon avis, rien n’empêche, et je serai pour, de créér autre chose, non pas une organisation partisane, mais une sorte de coeur unitaire, hors des inévitables rapports de forces avec les partis, ancrés dans le mouvement social, dont le travail serait de continuer à créer des connexions au sein de la société, de créer des liens transversaux entre différents secteurs du mouvement social, de l’organiser, de l’amplifier. Pour reprendre la terminologie zapatiste, de "construire des ponts pour que les différences communiquent entre elles".
Ces organisations seraient le prolongement des "comités Bové", une sorte de tampon entre la société qui souffre de ce système et les collectifs unitaires. Tout en sachant que le véritable coeur doit être les collectifs unitaires, et que le but doit être l’irruption citoyenne, d’en bas, dans ces collectifs.
Pour reprendre la termes de Deleuze, "une société n est pas une majorité mais l ensemble des devenirs minoritaires qui la composent". Il s’agit d’allier les mouvements minoritaires et les mouvements majoritaires. En ce sens les comités ne doivent pas être des structures partisanes, mais un tampon, oeuvrer à l’irruption des mouvements minoritaires dans ce qui est un mouvement majoritaire, les collectifs unitaires. Et faire en sorte que cette alliance se réalise au sein des collectifs.
Comme le dit Gwen, nous devons "prendre le relai d un mouvement comme ATTAC en allant beaucoup plus loin, parce qu on sortirait d une simple fonction de critique du monde économique pour s elargir a tous les espaces de la vie collective."
"C’est à dire que des rencontres, actions, projets et amitiés crées et jouies, chacun se trouve en possibilité de vivre et consommer autrement, d’agir autrement et d’y puiser la force pour continuer, c’est à dire qu’on se fixe un but qui n’est autre que d’arreter d’esperer la revolution mais bien de la faire" (Johann).
"Mais ce qui manque, c’est du souffle, un elan, des idees, une memoire commune, et de cette memoire commune, le pcf est une partie, la CNT aussi, et jesus et lao tseu si on veut..."(Johann)
Et il s’agit donc de "nous designer de telle maniere que nous ne pouvons etre reduits a tel espace politique ou telle idéologie" (Gwen).
"Et par la aussi savoir reconnaitre qu il n y a pas de monopole a la reconstruction de la gauche"(Gwen), nous devons nous mettre au service du mouvement social, nous mettre au service des travailleurs, des précaires, des minorités dont nous sommes pour la plupart, rejeter toute prétention hégémonique mais nous placer dans une logique de sacrifice, d’éffacement, d’écoute.
Concernant donc le site, il faut donc mettre l’accent sur la diversité qui nous anime, allier le minoritaire et le majoritaire, le pratique et le théorique. "Préserver sa diversité de l‘analyse politique universitaire au point d’humour et de fantaisie." (Rebelcat) "Allier le plus militant, le plus actuel, le plus engagé avec toujours l espace de la critique profonde" (Gwen).
"Travailler a racler le fond de la mer aussi, voir plus loin, proposer de la littérature autant que des appels a l action. nous devons travailler a remuer la france, utiliser les armes de sarko aussi, tout reprendre, recritiquer tous les catechismes qui peuvent nous enfermer dans une gauche orthodoxe"(Gwen).
Allier donc l’immédiat et le long terme, le travail de fourmis, le microscopique à la Foucault et l’ universel.
Il ne s’agit pas d’attendre un mouvement social pour se remettre en marche, il faut qu’on contribue à le créer, qu’on le soit, qu’on soit un "site d’ agitation démocratique des collectifs"(ret).
Et "pourquoi pas l’ internet comme outil d intelligence politique, lieu d’impulsion de "demarches collectives, en tant que demultipliés, deterritorialisés, une "démocratie radicale", et "outil de structuration du mouvement" (parmi d’autres) (Gwen).
Donc, à l’image de notre volonté unitaire, proposer "un nouveau texte fondateur, qui rappelle toute notre dynamique, que je dirais "pouvoir constituant", par dela les divisions etablies, la candidature bové ayant été une étape dans un processus beaucoup plus large, plus profond, qui a des racines anciennes, comme le dit rmj, une dynamique autonome hors des logiques social-libérales ou léninistes antérieures." (Gwen)
Un "lieu d’informations multiples et variées, lieu de résistances, de luttes, de bagarres, vie du mouvement, des mouvements, lieu de réflexion sur les propositions, se réapproprier les thèmes, idées laissée sur le chemin des concessions pour l’union" (Rebelcat).
Un lieu de comunication, d’échange, de débats, de convergences entre les différents comités, collectifs unitaires et secteurs du mouvement social et de la société.
Nous devons donc "nous imposer au coeur du renouvellement de la gauche, nous connecter a tous les sites, tous les mouvements, les associations, les journaux alternatifs, faire parler de nous !" (Gwen)
Donc un véritable lieu d’union.
LE SITE
Plus concrètement, sur le site, déja il faut absolument sortir de la dénomination "site de campagne", et aller plus loin, beaucoup plus loin qu’un site de soutien à une candidature électorale.
Il me semble que ce qui manque, c’est une concertation collective, qu’on prenne des décisions collectives à propos du site, qu’on discute librement sur tout les sujets. Pour cela, il me semble qu’il serait bon d’installer un véritable forum de discussion sur le site.
Ca permettra de multiplier et d’organiser les échanges, d’en faire aussi bien un lieu de recherche, qu’un lieu de discussion, qu’un "lieu de formation" (Rebelcat), d’échange de connaissances et de capacités, d’émancipation, d’autonomie.
Cela permettra aussi de faire avancer la démocratie sur le site, comme par exemple pour le choix de la une, ou des éditos.
Il faut être encore plus inclusif, rompant la division entre les producteurs et les consommateurs, rompant avec la hyérarchisation et la verticalité, autogéré, ouvert sur tout les domaines, du purement politique au musical, à l’artistique.
Il nous faut utiliser tout les outils informatiques disponibles : "Daylimotion and Co / TV perso / Flickr / Wiki / Blogger / Skype / PDF / Open publishing / Logiciels libres...." (AG Bastide)
Je pense que ce serait pas mal de modifier les rubriques et de faire plusieurs catégories de "rubriques", par les mots-clés notamment, par "thème" (écologie, autonomie, égalité, etc....), "type d’article", en plus de nos rubriques actuelles.
Aussi de rajouter une rubrique "revue de presse et des blogs", pour nous conncter à ce qui se passe autour de nous.
Et traduire le site en plusieurs langues, anglais/ espagnol déja, c’est indispensable pour se dire altermondialiste. (AG Bastide)
Créer un lieu d’archive, entre autre pour les documents spécifiques à la campagne, mais aussi pour compiler divers documents, utiles pour des recherches, une sorte de "fond documentaire". Pour ça peut être qu’un "Wiki" serait utile, il me semble qu’il est possible de mettre un peu de wiki sur un logiciel spip..
Un lieu d’archive ne signifie pas un vieux placard ou on range les vieux souvenir dont on à honte, ou les documents restent éternellement au fond des tirroirs : Ca doit être un lieux vivant et actif, qui doit être étroitement et de manière multiple connécté au reste de notre travail. La mémoire et les travaux approfondis ne sont pas des choses subalternes : Ce sont des bases indispensables sans lesquelles rien de solide et de durable ne peut être construit. La mémoire est et doit rester vivante. Si elle meurt, nous mourront avec elle.
Continuer à être un lieu de rédaction collective, et éviter l’autopublication. Et éventuellement modifier le site dans ce but (délai de publication pour certaines rubriques, signature automatique de celui qui publie..).
Réactiver le forum des administrateurs, ainsi que la liste de diffusion, et peut être aussi créer une liste de diffusion des rédacteurs. Aussi ré-utiliser les nombreuses signatures à la pétition, qui répresentent beaucoup plus qu’une adhésion à José Bové.
Essayer d’ être un lieu d’impulsion de créations et surtout d’union entre les nombreux médias alternatifs, pour constituer une force médiatique puissante, diverse, un lieu d’offensive contre la désinformation médiatique.
"Etablir avec eux (les médias alternatifs) une vraie synergie de communication de résistance. Nous avons autant besoin d’eux, que eux de nous, dans la recherche et le développement d’autres mondes possibles
(Voir Le Guide des Médias alternatifs “Devenons des médias alternatifs” de Esteban http://www.guidaltern.org -
Voir : “Almanach critique des médias” de Olivier Cyran et Mehdi Ba / Edition Les arènes - Télécharger : “Parler pour les médias, se taire dans les médias “sur http://cyber-journalistes.org).
Tous ces médias sont "fragiles", ont peu de moyens, et doivent faire face à la répression et à l’épuisement de leurs acteurs. Ce sont tous des médias de résistance. Ils ont montré leurs limites depuis l’expérience "La otra campaña" de Marcos au Mexique, jusqu’au dernier G8. Mais la résistance n’a pas de mode d’emploi, elle doit s’organiser et se réinventer chaque jour.
Notre stratégie sera à développer en s’appuyant sur les flux d’informations (Indymédia / Samizdat / Bellacio .... ), sur les sites qui font un travail rédactionnel sur les flux (http://rezo.net), sur la (V)-Blog-Spère, sur la référenciation et les outils militants, sur l’ntelligence de l’utilisation et du développent des "nouveaux médias".
Chacun de nous est un média (Mc Luan), chacun de nous est un collectif (Pierre Merejkowski". (AG Bastide)
Essayer de nous organiser en différents secteurs de travaux, d’actions, nous répartir les tâches, former un groupe (ou un ensemble de groupes) consistant et actif, un "accélérateur de particules".
Bref "un site plastique, elastique, autant dans sa structure que dans les tendances idéologiques, les contenus, la gestion du site, etc..."(Gwen), ce qui en ferait un site profondément unitaire.
Concernant les questions financières, il semble que cette idée d "asso porteuse" soit bonne, mais il faut aussi voir à quoi ça engage d’un point de vue légal.
Elle pourra nous aider à nous organiser, à centraliser au minimum nos finances.
Mais il faut surtout réflechir à trouver des nouvelles sources de financements. Je pense qu’un journal papier pourrait être intéréssant, puisque nous sommes déja un journal.
Aussi, on pourra penser à organiser des évenements, forums, concerts, festivals, etc..
Et aussi mettre en place des sortes de "cotisations", à prix libre plutôt, pour les admins ou tous les rédacteurs (les autres pouvant faire des dons). Nous sommes beaucoup et si chacun donne un peu ça sera déja largement suffisant pour payer le serveur.
Aussi on pourrait penser à un système d’indemnisation pour ceux et celles qui s’implique beaucoup dans la vie du site.
Quand aux responsabilités juridiques inhérentes au site, étant donné que Yannis semble être le seul responsable légal actuellement, il faudrai réfléchir à une forme qui répartirai les résponsabilité, avoir une responsabilité collective à la manière des faucheurs volontaires.. Soyons tous responsables, et indivisibles.
Concernant les questions techniques de gestion du site, il est évident que ce n’est pas possible qu’une seule personne continue à gérer intégralement le site, il faut penser à créer une sorte de "pôle technique", je veux bien aider dans la mesure de mes capacités, de gens ayant un minimum de connaissances dans le domaine et s’echangeant leurs connaissances.
La gestion du site est extrêmement importante, elle crée les structures dans lesquelles on évolue. En ce sens il est important que chacun se l’approprie.
Durito, à partir de points de vues de Stélios, Rebelcat, Gwen, ret, Johann Pons, A.G Bastide, EL Sinsé